Economie

Nord-Kivu : sous l’effet du boom cacao et à la délinquance juvénile, les élèves désertent les écoles à Oicha

L’année scolaire 2024–2025 s’achève sur un constat préoccupant dans plusieurs écoles de la sous-division d’Oicha, chef-lieu du territoire de Beni au Nord-Kivu: un nombre élevé d’élèves et d’écoliers ont abandonné les études, principalement à cause de la culture du cacao et de la délinquance juvénile.

Les premiers signaux ont été visibles lors des épreuves de l’Examen National de Fin d’Études Primaires (ENAFEP), clôturées mercredi dernier. Selon Gédéon Mukokoma, inspecteur chef de pool du primaire à Oicha, 1 282 écoliers inscrits ne se sont pas présentés aux épreuves. Une absence massive qu’il attribue à plusieurs causes, notamment économiques et sociales.

La situation est similaire dans les écoles secondaires. À l’Institut d’Oicha, situé au nord de la commune, une trentaine de cas d’abandon scolaire ont été enregistrés. Le chef d’établissement évoque non seulement les facteurs relevés dans le primaire, mais aussi le départ de familles militaires affectées ailleurs, emmenant leurs enfants et interrompant leur scolarité.

À l’Institut Monseigneur Kahongya, dans le quartier Bakaiku, le préfet Paluku Mbafumoja Evariste indique que près de 13 % des élèves ont quitté l’école, soit environ une centaine de cas. Il pointe du doigt « le goût croissant de certains jeunes pour une vie facile, abandonnant les bancs d’école pour des activités économiques immédiates ».

Cette tendance touche aussi plusieurs autres écoles de la région, tant primaires que secondaires. La hausse du prix du cacao sur le marché local, observée depuis quelques mois dans la région de Beni, attire de nombreux jeunes vers les activités liées à l’achat et à la commercialisation de cette culture. La reprise partielle des activités champêtres, rendue possible par une accalmie relative sur le plan sécuritaire grâce aux opérations conjointes FARDC–UPDF, a également favorisé ce basculement.

Les acteurs des forces vives s’inquiètent de cette dynamique qui menace l’avenir scolaire d’une génération, et appellent à une réponse collective, tant des autorités éducatives que communautaires.

Nganga Victor Mbafu1

Partager:

Articles connexes

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page