
La société civile, noyau de Kyavinyonge, a organisé une marche pacifique ce jeudi 14 mai 2026 dans cette entité lacustre du territoire de Beni. Cette manifestation avait pour objectif de dénoncer les tracasseries dont sont victimes les pêcheurs sur les eaux du lac Édouard, pointant du doigt les éco-gardes du Parc National des Virunga (PNVi). La marche est partie du bureau de la société civile pour chuter au bureau du chef de village, où un mémorandum a été lu puis déposé.
Ils étaient plusieurs dizaines à descendre dans la rue pour cette cause : pêcheurs, habitants et cadres de la société civile locale. Tous déplorent la situation actuelle sur le lac. Dans son mémorandum, la société civile note avoir enregistré des traitements injustes contre les pêcheurs artisanaux. Elle dénonce, entre autres, l’imposition par les éco-gardes de l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) de plaques d’immatriculation sur toutes les pirogues; une mesure assortie de saisies d’embarcations pour les récalcitrants.
Le vice-président de la société civile de la localité portuaire de Kyavinyonge, Gerlace Kitheyi, dénonce une ingérence de l’ICCN dans un secteur qui serait exclusivement réservé aux autorités de l’État.
« Nous dénonçons ce qui suit : nos pirogues sont régulièrement arrêtées par l’ICCN dans le but d’imposer un plaquage forcé, sans base consensuelle ni respect des procédures légales. Cette situation pénalise gravement les pêcheurs et leurs familles. Nous constatons la déclaration unilatérale de l’ICCN se présentant comme gestionnaire de la pêche sur le lac Édouard, alors que cette matière relève des services compétents de l’État. Nous condamnons le refus opposé aux services techniques compétents tels que l’EDD, la Pêche et Élevage (PEL), la DGRNK, ainsi que d’autres services habilités à exercer leurs missions sur le lac Édouard. [Il y a aussi une] complicité de certains groupes locaux ».
La société civile de Kyavinyonge sollicite ainsi la restitution des pirogues saisies et la cessation des arrestations de pêcheurs. Par ailleurs, elle appelle à la mise en place d’un cadre de dialogue entre les représentants des pêcheurs et l’ICCN, sous la médiation du gouverneur du Nord-Kivu, le Général-major Evariste Kakule Somo.
« Nous sollicitons la cessation immédiate des arrestations arbitraires, la restitution des pirogues immobilisées à Ishango et à Kyavinyonge, le respect des compétences des services techniques de l’État, ainsi que l’arrêt de toute tracasserie contre les pêcheurs. L’ouverture d’un cadre de dialogue avec les représentants légitimes des pêcheurs. Nos activités vont continuer jusqu’à ce que nous ayons une solution durable, sinon, nous allons continuer avec la grève. Nous demandons au Gouverneur militaire de faire appel aux composantes de la société civile et à toutes les parties prenantes au conflit devant sa table pour les écouter, parce que la population a besoin de la paix ».
Le mémorandum a été reçu par le chef de village de Kyavinyonge, qui a promis de s’impliquer pour qu’une solution soit trouvée. Pour rappel, trois jours avant cette marche, une grève avait déjà été décrétée par les pêcheurs du lac Édouard à Kyavinyonge pour décrier ces tracasseries lacustres.
Nous avons tenté de joindre l’ICCN ce jeudi après-midi, mais aucune réponse ne nous a été réservée en réaction à ces accusations.
Glodi Mirembe
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