
Au cœur d’une vive controverse politique, le gouverneur du Nord-Kivu, le général-major SomoKakule Evariste, et le député national MbinduleMitono Crispin sont invités à privilégier l’apaisement et le dialogue. Cet appel a été lancé ce jeudi 14 mai depuis Kinshasa par Me Achille Kapanga, ancien maire de Beni et notable du Nord-Kivu, qui implore la notabilité locale de se saisir de cette affaire qui, selon lui, risque de jeter l’opprobre sur la communauté.
Au centre de cette affaire, de lourdes accusations portées contre l’élu de Butembo. Dans une correspondance datée du 8 mai 2026, le gouverneur militaire du Nord-Kivu a saisi l’Auditeur général des FARDC près la Haute Cour militaire afin d’engager des poursuites contre le député Crispin Mbindule Mitono.
L’autorité provinciale accuse le député de plusieurs faits graves, parmi lesquels l’incitation à la révolte et à la désobéissance civile,la participation à un mouvement insurrectionnel, la propagation de fausses rumeurs, ainsi que l’outrage envers un dépositaire de l’autorité publique.
Selon le gouverneur, le député s’est rendu à Butembo pendant quelques jours sans en informer l’autorité provinciale. Durant son séjour, Mbindule aurait organisé des réunions clandestines et tenu des propos susceptibles de troubler l’ordre public, notamment à travers des interventions diffusées sur une radio locale, émissions à travers lesquelles l’élu s’oppose à la mesure du gouverneur interdisant la circulation des camions en chassies modifiés.
La diversion de Crispin Mbindule
De son côté, le député national Crispin Mbindule rejette catégoriquement ces accusations. Face à la presse mercredi soir à Kinshasa, il a dénoncé ce qu’il qualifie de tentative d’intimidation politique destinée à réduire au silence les partisans d’un changement de la Constitution dans l’Est du pays.
L’élu de Butembo affirme que son séjour dans sa circonscription visait uniquement à sensibiliser la population sur le débat lié à la révision constitutionnelle, notamment à travers des émissions organisées avec plusieurs radios locales.
Réagissant également aux accusations de soutien aux groupes armés, le président du groupe parlementaire “Le peuple d’abord” précise que son appui aux FARDC et aux wazalendo s’inscrit dans l’effort de guerre contre les groupes armés actifs dans l’Est de la RDC.
Appel à l’apaisement et au dialogue
Mais au milieu de cette vive controverse, certaines voix s’élèvent pour appeler à la retenue. C’est le cas de Me Achille Kapanga, ancien maire de Beni et notable du Nord-Kivu.
« Je sais que nous avons des sages à Beni et à Butembo, il y en a aussi à Oicha. Il faut un dialogue pour rappeler au gouverneur et au député Mbindule qu’ils sont fils d’une même maison. Leur dire que ce qu’ils veulent faire est une honte pour notre communauté. Demain ou après-demain, on va vous interpeller à Kinshasa, et ça ne sera pas bon pour nous. On dira : voilà le « Munande », on lui a donné sa province, et il n’a même pas été en mesure de la diriger. C’est notre honte. Parmi les notables de cette région, il y a des grands, il faut qu’on se rencontre, qu’on analyse cette question et qu’on en tire les conclusions. Ce sont des questions extrêmement sécuritaires », a rappelé le notable, insistant sur l’unité entre filles et fils d’une même province.
Du coup, la polémique a pris de l’ampleur sur les réseaux sociaux, chaque camp défendant sa position. Pour certains internautes, la santé politique de Mbindule repose sur les conflits et la manipulation. Pour d’autres, le gouverneur du Nord-Kivu n’a pas le pouvoir d’arrêter un élu du peuple.
Jackson Sivulyamwenge
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