Beni : « la pêcherie de Kyavinyonge et le lac Édouard font partie intégrante du PNVi », rappelle l’ICCN

La pêcherie de Kyavinyonge ainsi que le lac Édouard sont régies par la loi numéro 14 portant gestion et contrôle des aires protégées en République Démocratique du Congo. Cette précision a été apportée, ce vendredi 15 mai à La Voix de l’UCG, par Méthode Uhoze, Directeur des Relations extérieures au Parc National de Virunga (PNVi). Sa réaction fait suite à la marche pacifique organisée la veille par la société civile, noyau de Kyavinyonge, pour dénoncer ce qu’elle qualifie de tracasseries de pêcheurs sur les eaux du lac Édouard, pointant du doigt les éco-gardes du Parc National des Virunga.
Il y a quelques jours, l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) procède à identification de tous les pêcheurs exerçant sur le lac Édouard. Pour ce faire, l’institution impose à chaque pêcheur une plaque métallique d’immatriculation à placer sur sa pirogue, idée à laquelle s’opposent la société civile et une frange de pêcheurs. Pour Méthode Uhoze, la plaque est offerte gratuitement par l’ICCN, dans le seul but de lui faciliter le contrôle et la gestion des aires protégées.
« Pour l’ICCN qui contrôle ou qui fait la surveillance sur le lac, on a estimé que, pour mieux faire son travail, il faut que les pirogues soient immatriculées. Et c’est ça qui a fait des tensions pour cette petite branche de pêcheurs qui voilà, on ne sait pour quelle raison, elle ne veut pas se conformer aux règles qui sont fixées pour une bonne gestion et contrôle du lac ».
Dans un contexte de tensions permanentes entre les éco-gardes de l’ICCN et la population, le Directeur du Parc National de Virunga, Emmanuel de Merode, avait mis en place une commission chargée de travailler sur les différentes questions, souvent objets de tensions, enfin d’y apporter des solutions durables.
« Ça fait un mois que nous organisons chaque mardi des réunions à Kyavinyonge avec le comité des pêcheurs, la société civile, l’ICCN ainsi que la COPEVI pour analyser en profondeur ce mémo, clarifier ce qu’il faut clarifier et apporter les solutions durables », explique- t-il.
Parmi les nœuds du problème, le statut la pêcherie de Kyavinyonge et de celui lac Édouard.
« Je m’en vais ainsi rappeler ici que la pêcherie de Kyavinyonge ainsi que le lac Édouard font partie intégrante du Parc National de Virunga et à ce statut, ils sont gérés par la loi numéro qui gère les aires protégées en République Démocratique du Congo. On a essayé d’expliquer aux pêcheurs et à la société civile que dans une aire protégée, la seule loi qui est utilisée pour la gestion c’est la loi qui gère les aires protégées. Alors on a senti que certains d’entre eux étaient en train d’argumenter la loi sur la pêche, pourtant il est bien dit que pour toutes les eaux situées dans les aires protégées, ils sont gérés par la loi sur la conservation de la nature et non pas par la loi sur la pêche. C’est ce qui est dit dans la loi 14 sur la conservation, c’est ce qui est dit dans la loi sur la pêche », rappelle Méthode Uhoze.
Pour l’ICCN, le changement n’est pas toujours facile. Il s’agit d’un processus qui nécessite de maintenir le dialogue entre parties prenantes. Il en appelle au calme, en attendant la prochaine réunion de la commission prévue dans deux mois, réunion au terme de laquelle il espère aux réponses consensuelles et durables aux revendications des manifestants.
Jackson Sivulyamwenge
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