Procès de l’affaire IBTP Butembo : liberté provisoire pour raisons de santé refusée au CT Julien Kahighana

Attendu depuis l’avant-midi, le procès opposant le ministère public à une dizaine d’étudiants de l’Institut du Bâtiment et des Travaux Publics (IBTP-Butembo) a finalement démarré dans la soirée de ce mercredi 18 septembre, devant le tribunal de grande instance de Butembo. L’audience, initialement prévue dans la cour de l’Etat-major de la police nationale congolaise, a été délocalisée au rond-point Takenga, précisément au pied du monument Mgr Emmanuel Kataliko.
Sous haute sécurité plusieurs heures avant le début du procès, l’endroit était déjà bondé de monde : étudiants, chefs d’établissements, membres des familles des victimes et même des curieux positionnés autour du monument Mgr Emmanuel Kataliko, sur l’avenue des Écoles. Après une longue journée d’attente sous le soleil, c’est finalement à 17h07 que l’audience a débuté.
Première étape : l’identification des prévenus. Ils sont 11 au total, parmi lesquels le secrétaire général académique de l’IBTP Butembo, le Chef de Travaux Julien Kahighana. Lui et ses 10 étudiants sont poursuivis par le ministère public pour des infractions telles que l’incendie volontaire de biens d’autrui, destruction méchante, coups et blessures volontaires simples, et coups et blessures volontaires ayant causé des dommages.
« Monsieur le Président, les prévenus qui se trouvent devant vous sont poursuivis pour avoir, en tant qu’auteurs ou coauteurs selon l’un des modes de participation criminelle prévus par l’article 21 du Code pénal livre premier, volontairement incendié le véhicule de M. Katsuva Muhindo Alphonse, stationné dans sa parcelle située sur l’avenue Mikundi, numéro 90, quartier Lumumba, commune de Kimemi. Ces faits sont prévus et punis par les articles 21 et 23 du Code pénal livre premier et 103 du Code pénal livre deuxième », a déclaré l’officier du ministère public.
Les prévenus sont également accusés d’avoir délibérément détruit ou dégradé des arbres, des récoltes, des instruments agricoles et d’autres biens meubles ou immeubles appartenant à autrui. Parmi les dommages causés, on compte la destruction des vitres des fenêtres et portes de plusieurs écoles de la ville de Butembo, dont les complexes scolaires Les Génies d’Abord, La Bourgeoisie du Nord, et l’ISP Butembo. Ils auraient également volontairement lancé des pierres, causant des blessures aux têtes, poitrines et jambes de plusieurs mineurs, dont Adassa Binti, Katungu Siluamuhuma et consorts.
Les victimes, parmi lesquelles l’Institut Malkia Wambingu et l’ISAM, se sont constituées parties civiles à ce procès.
L’audience a été suspendue par le tribunal en raison des conditions de travail difficiles sous l’obscurité. Peu avant cette suspension, certains prévenus, parmi lesquels Julien Kahighana, ont sollicité la liberté provisoire, évoquant des raisons de santé et leur adresse connue. L’avocat de Julien Kahighana a plaidé en sa faveur, soulignant qu’il est père d’une famille nombreuse et que sa fuite ne devrait pas être une crainte.
La demande de liberté provisoire sollicitée n’a été accordée à aucun prévenu. Tous les 11 ont été conduits en détention. Il faut noter que le chef de travaux Julien Kahighana a été arrêté tôt le matin de ce mercredi à son domicile. Ces événements sont consécutifs à la grève du personnel de l’IBTP, qui exige la démission du comité de gestion.
L’audience reprendra ce jeudi 19 septembre à partir de 9h00, au même endroit.
Jackson SIVULYAMWENGE
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Que justice soit faite
…pour interroger toutes… Voulais je dire
Mais tous ça, je dirais que c’est l’irresponsabilité du ministère public, pourquoi n’est il venu avant pour intégrer toutes les couches de l’ibtp? Au moment qu’il avait du temps pour racheter peut-être tous ces incidents ?