Agriculture en RDC : la thèse d’Ir Serge Masimengo pour booster la production du manioc

La réponse agronomique du manioc aux fractions de différentes doses d’engrais varie selon les éléments nutritifs et les paramètres de la zone agroécologique. C’est la conclusion de la thèse doctorale défendue, mardi 16 septembre 2025, par le Chef de travaux Kasereka Masimengo Serge, désormais Docteur en sciences agronomiques de l’Université catholique du Graben (UCG) Butembo.
Sa recherche alerte les populations des territoires de Beni et de Lubero sur les dangers liés à la mauvaise gestion des terres, qui les expose à l’abattage de nouvelles forêts. Le travail de Serge Masimengo a porté sur les effets de la fertilisation minérale sur le rendement en racines du manioc (Manihot esculenta Crantz) en zone tropicale, avec comme cas d’étude Beni-Lubero, à l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Le chercheur est parti du constat que le faible niveau de fertilité des sols tropicaux constitue la principale cause biophysique de la baisse continue de la production alimentaire.
« Le problème majeur, c’est la démission de la fertilité des sols, ce qui entraîne directement la baisse de la production agricole. Donc, pour éradiquer la famine, il faut recourir à tous les facteurs qui contribuent à l’augmentation de la production. Parmi ces facteurs, le sol est le substrat, c’est la nutrition des plantes qui détermine directement la production agricole. Pour ce qui nous concerne, il s’agissait d’éviter que les populations ne gèrent irrationnellement leur terre, ce qui les conduit à des déplacements répétés et à l’abattage de nouvelles forêts. Or, cela est contraire à l’écologie et réduit leur capacité à se développer durablement sur leur terroir, comme doit le faire chaque peuple civilisé dans son espace », a-t-il déclaré à la presse, à l’issue de sa soutenance publique tenue dans la salle S1 de l’ITAV.
Dans cette optique, il recommande aux organisations de producteurs agricoles de s’approprier les résultats de cette recherche afin que les paysans appliquent, dès à présent, des techniques conformes aux exigences de chaque zone agroécologique.
Ce travail est le fruit de cinq années de recherche scientifique : quatre années expérimentales et une année consacrée à la rédaction et à la publication des résultats. Portée sur la sécurité alimentaire, la thèse du docteur Serge Masimengo est ancrée dans les réalités locales et vise à contribuer à l’amélioration durable de la sécurité alimentaire dans la région.
Jackson Sivulyamwenge
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