
Les étudiants de la faculté des sciences pharmaceutiques de l’Université catholique du Graben (UCG) ont pris part, ce samedi 11 avril, à un exposé-débat consacré à l’apport de la nanotechnologie dans la prise en charge des maladies. La séance, animée par le pharmacien Dr Ushindi Victoire, ancien de l’UCG et actuellement doctorant à l’Université de Kinshasa, a permis de mobiliser les futurs pharmaciens sur l’utilité de la nanotechnologie pour la médecine de demain.
Devant un auditoire attentif, l’intervenant a mis en lumière les défis liés à l’efficacité des médicaments dans l’organisme humain. Selon lui, pour que le médicament arrive au niveau de la maladie, il y a plusieurs barrières, notamment l’acidité de l’estomac, le foie ou encore les macrophages qui tentent de le détruire.
Pour contourner ces obstacles, Dr Ushindi conseille l’usage des nanoparticules, ces structures microscopiques qui permettent de transporter le médicament directement vers la cible.
«La nanoparticule est comparable au cheval de Troie. A travers lui, on achemine le médicament à l’intérieur, et dès qu’il arrive là où il doit agir, c’est maintenant qu’il se libère. Donc, les nanoparticules, qui sont ces structures de petite taille, contournent toutes les barrières et libèrent le principe actif uniquement là où il doit agir, sans affecter les autres structures », a-t-il expliqué.
L’expert a également défini la nanotechnologie comme la science qui étudie les particules à l’échelle du nanomètre. Il a insisté sur la flexibilité de l’administration des nanoparticules, qui peuvent être introduites dans l’organisme par différentes voies, notamment orale, intraveineuse ou intramusculaire.

Cependant, déplore ce chercheur, malgré ses avantages prometteurs, la nanotechnologie reste confrontée à un défi majeur : son coût élevé. Illustrant son propos par une expérience personnelle, Dr Ushindi évoque le cas d’un simple comprimé de paracétamol dont le prix pourrait passer de 500 francs à près de 50 voire 100 dollars s’il intégrait cette technologie.
« Moi je travaille avec les Indiens dans la commercialisation de leurs médicaments. Un jour, j’ai posé la question à notre boss: est-ce qu’on ne peut pas intégrer la nanotechnologie dans notre firme ? Je dis : Moi je suis expert dans ce domaine, je pourrais peut-être intervenir. » Qu’est-ce qu’il m’a dit ? « Pharmacien, une plaquette de paracétamol, c’est combien ? » On dit : « C’est 500 francs. » « Ajoute la technologie, mets paracétamol à nanotechnologie. Tu penses que ça sera 500 francs? »Je dis : « Non, ça devrait être autour de 50 dollars, 100 dollars. » Et il m’a dit : « Avec cette vie ici de Kinshasa, tu penses que quelqu’un va accepter d’acheter le paracétamol à 50 dollars alors qu’on peut acheter ça à 500 francs. Bref, nous disons que le contexte économique de la RDC limite fortement son accessibilité », a- t-il souligné.
De ce fait, cette innovation est principalement utilisée dans le traitement des maladies complexes telles que les cancers ou le diabète, où les patients sont plus disposés à supporter des coûts élevés.
De nombreux étudiants présents ont salué la pertinence du thème abordé.
« Cela va m’aider dans mes recherches, car ces techniques sont plus efficaces que certains médicaments que nous utilisons couramment », a déclaré Raisa Kalioto, étudiante en troisième année. Un autre participant a également exprimé son intérêt pour le sujet, estimant qu’il ouvre de nouvelles perspectives dans le domaine de la recherche pharmaceutique.
Clôturant la séance, le modérateur, le pharmacien Dr Kavusa Vyalema Jean-Marie, assistant à la faculté des sciences pharmaceutiques de l’UCG, a remercié les intervenants et encouragé les étudiants à vulgariser les connaissances acquises.
Jackson Sivulyamwenge
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