Economie

Nord-Kivu: yaourt et fromage introuvables à Butembo, une pénurie causée par la Guerre du M23 à Lubero

Une pénurie de yaourt s’observe dans les boulangeries et supermarchés de la ville de Butembo depuis plus de deux semaines. Cela fait suite à la situation de guerre que traverse le territoire de Lubero, principale zone d’approvisionnement des revendeurs de la ville de Butembo. C’est notamment le cas de la boulangerie Rehoboti, qui rencontre des difficultés dans plusieurs de ses secteurs d’activité.

Alors que le bidon de yaourt se négociait entre 30 000 et 35 000 francs, il se vend désormais difficilement à 45 000 ou 50 000 francs depuis une semaine. Selon Florimon Muvunga, de la boulangerie Rehoboti, cette pénurie complique leurs activités commerciales. Selon lui, cela impacte directement le prix du verre de lait pour leur clientèle, entraînant une légère augmentation par rapport au prix habituel. Au-delà du prix, les clients sont désormais lésés, explique-t-il.

 « Nous sommes dans une situation difficile. C’est un produit qui nous apportait beaucoup d’argent. Cela fait presque une semaine que nous rencontrons des difficultés. Nous avons du mal à trouver ce produit à cause de la guerre dans la région. Nos clients sont mécontents parce que nous ne pouvons pas les satisfaire en l’absence des produits nécessaires. C’est un réel problème auquel nous faisons face. »

Florimon Muvunga a fait savoir qu’avec cette pénurie de yaourt, leur boulangerie, comme plusieurs autres de la ville, a du mal à écouler d’autres produits qui complètent le yaourt, tels que le pain ou les beignets.

Il a également révélé que d’autres produits dont le ravitaillement se fait en territoire de Lubero, comme le fromage, souffrent de la même pénurie.

« Avant, nous achetions les bidons à 35 000 ou 36 000 francs. Mais actuellement, ils sont vendus occasionnellement, et quand on en trouve, c’est à 45 000 ou 50 000 francs. Cela ne nous aide pas, car nous consommons en moyenne cinq bidons par jour. Quand on en reçoit un, il est épuisé en une heure, et après, nous nous retrouvons à nouveau démunis. C’est une grande difficulté. »

Les rares bidons de yaourt que les tenanciers des boulangeries parviennent à se procurer proviennent pour la plupart des fermes bovines de Kabasha, sur la route Butembo-Beni, a indiqué une source dans une autre boulangerie visitée ce lundi 6 décembre 2024. Toutefois, au regard des besoins à combler, la quantité provenant de cette zone reste insuffisante.

Ismeel Kabuyaya

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