Sécurité

RDC : la LUCHA dénonce des pratiques mafieuses de l’UPDF dans l’Est et invite le gouvernement à réévaluer leur mission

Le mouvement citoyen Lutte pour le changement (LUCHA) dénonce des pratiques qu’elle qualifie de mafieuses de la part des éléments de Forces de défense du peuple ougandais (UPDF) présentes dans les provinces de l’Est de la RDC. Cette dénonciation est contenue dans une lettre adressée aux gouverneurs du Nord-Kivu et de l’Ituri dont La Voix de l’UCG a reçu copie ce mardi 15 juillet 2025. La LUCHA invite les autorités provinciales à réévaluer la mission de l’UPDF, faute de quoi elle promet de mobiliser la rue.

Dans ce document, le mouvement citoyen démontre que l’armée ougandaise s’est, depuis plusieurs mois, illustrée par des actes de méfiance envers le gouvernement congolais.  Ce, en servant de base arrière aux éléments du Mouvement du 23 mars lors de la prise de Bunagana, mais également en attaquant certains compatriotes qui s’organisent pour combattre les agresseurs du pays. À tous ces faits s’ajoute l’entrée des militaires de l’UPDF par la force en Ituri en mars 2025. La LUCHA, via son activiste Jean-Pierre Kasma, pense que l’UPDF s’écarte de plus en plus de sa mission, celle de combattre les rebelles des ADF au Nord-Kivu et en Ituri.

« Nous avons constaté que l’Ouganda a longtemps servi de base arrière aux rebelles du M23. Ici, dans la région du Grand Nord, nous observons que l’armée ougandaise, au lieu de remplir sa mission, s’en prend à certains compatriotes qui s’organisent pour défendre la patrie. En Ituri, par exemple, au mois de mars dernier, nous avons vu l’armée ougandaise forcer une barrière pour pénétrer dans notre province sans autorisation. Ce sont là quelques faits parmi tant d’autres qui montrent clairement que l’armée ougandaise ne serait pas ici pour assurer notre sécurité, mais peut-être pour poursuivre d’autres objectifs », affirme ce militant.

En lieu et place de neutraliser les ADF, l’armée de défense du peuple ougandais les a dispensés au pays tout en les éloignant de sa frontière avec la RDC, regrette la LUCHA. Ce qui d’ailleurs justifierait l’extension de leur zone d’influence au Nord-Kivu et en Ituri. Ainsi, cette structure citoyenne pense que les autorités congolaises devraient penser à l’évaluation de la mission de l’UPDF. Il n’y a aucune réponse quant à leur demande, la LUCHA organisera des manifestations de protestation.      

« Nous pensons que la mission de cette armée doit être évaluée, voire réévaluée, car après plus de quatre ans de présence en RDC, aucun résultat tangible n’a été observé. Par exemple, en ce qui concerne les actions contre les ADF, on constate que ces derniers sont aujourd’hui plus virulents qu’auparavant. On pourrait croire que l’armée ougandaise les a simplement dispersés, repoussés au-delà de ses frontières, les laissant errer librement et commettre des massacres parmi les civils congolais. C’est pourquoi nous appelons le gouvernement congolais, particulièrement celui du Nord-Kivu et de l’Ituri, à prendre cette situation au sérieux. Ils ne doivent pas rester inactifs ou indifférents face à cette menace persistante », lance Jean-Pierre Kasma.

Cette dénonciation intervient à quelques jours seulement de l’ouverture par l’Ouganda de sa frontière naturelle qu’elle partage avec la RDC via Bunagana. Cette cité frontalière, actuellement sous le contrôle des rebelles de l’AFC/M23.

Glodi Mirembe  

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