L’automatisme du numérique affaiblit les notions de l’orthographe et de grammaire chez les jeunes (Ass Paluku Mapendo)
L’automatisme de correction qu’apportent les nouvelles technologies de l’information et de la communication à la rédaction des messages électroniques a sensiblement diminué la notion de l’orthographe et de grammaire chez les jeunes. Un état qui abrutit davantage la crème intellectuelle formée dans les universités, institutions supérieures et secondaires du pays. C’est le triste constat que réalise l’assistant Paluku Mapendo enseignant en faculté de français et langues africaines à l’ISP/Muhangi, et doctorant en didactique de langues, en marge de la journée mondiale de l’écriture manuscrite ce mardi 23 janvier 2024.

Pour cet enseignant de français, la méthode traditionnelle de l’écriture, le manuscrit, ne peut en aucun cas faillir avec la venue du numérique. Elle reste un meilleur moyen par lequel l’étudiant ou l’apprenant développe ses atouts en orthographe et en grammaire. Se passer du manuscrit expose aux défis tels que :
« Il y a un problème au niveau psychologique qui se pose quand on croit qu’on peut abandonner totalement l’écriture à la main. Sur le plan psychologique, quand l’enfant écrit, il développe en même temps sa mémoire. La mémoire retient les lettres et les signes orthographiques. Le deuxième défi est lié à l’apprentissage. Quand on écrit avec nos téléphones intelligents, ils nous proposent directement la correction. Ce qui affaiblit. On n’a plus besoin de fournir beaucoup plus d’efforts pour apprendre », regrette-t-il.
En dépit de la place imposante qu’occupe le numérique dans le quotidien de la population, Paluku Mapendo suggère que :
« Nous vivons déjà avec le numérique, c’est sûr, mais nous ne devons pas nous passer de l’écriture manuscrite. Nos jeunes gens, en utilisant le numérique, doivent fournir un effort pour se cultiver en grammaire et en orthographe. La lecture des livres imprimés en est un de moyens. Aux enseignants de marteler sur les notions de l’écriture manuscrite », suggère –t-il.
Institué en 1977 par l’association professionnelle des fabricants américains de crayons et stylo, cette journée vise à rappeler les bienfaits de l’écriture à la main en dépit des innovations du numérique.
Elisha Kindy
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