UCG : trois impétrants analysent la conflictualité armée, la sécurité transfrontalière et la gouvernance universitaire lors des soutenances de DEA
L’Université Catholique du Graben (UCG) a abrité, ce samedi 28 mars 2026, une série de soutenances de mémoire de Diplôme d’Études Approfondies (DEA) en Sciences politiques, Relations internationales et Sciences administratives. Trois impétrants ont présenté des travaux de recherche portant sur des problématiques majeures liées à la sécurité, la gouvernance et les dynamiques sociales dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Analyse du paradoxe de la conflictualité armée en Ituri
Le premier impétrant, Pierre Odimo Lokombe, a défendu un mémoire intitulé « Géopolitique de la conflictualité armée en Ituri : paradoxe entre pacification et mafiaïsation », sous la direction du Professeur Nissé Nzereka Mughendi.
Son étude, inscrite dans une approche géopolitique et stratégique, analyse la genèse du conflit armé en Ituri, les mécanismes de pacification tels que les programmes DDR et les interventions internationales, ainsi que la recomposition des groupes armés.
À travers une méthodologie qualitative basée sur des entretiens et une analyse documentaire auprès de 142 acteurs clés, le chercheur met en évidence la persistance des violences malgré les efforts de stabilisation. Selon ses résultats, cette situation s’explique par l’inadaptation des politiques de pacification, la faiblesse institutionnelle et la montée d’économies criminelles autour des ressources naturelles.
L’apport majeur de cette recherche réside dans la conceptualisation du paradoxe « pacification–mafiaïsation », démontrant que les stratégies de paix peuvent coexister avec la transformation du conflit en système économique durable.
Les ethnies transfrontalières comme facteur de stabilité sécuritaire
Dans un second temps, l’impétrant Rollin Kaveho a présenté un mémoire consacré aux dynamiques sécuritaires transfrontalières et au rôle des relations intra-ethniques entre les Nande et les Konzo dans la région de l’Est de la RDC.
S’inscrivant dans une approche constructiviste et fonctionnaliste, son travail met en lumière les mécanismes sociaux, culturels et économiques qui structurent ces relations communautaires. À travers des entretiens, observations de terrain et analyses comparatives, l’étude démontre que ces réseaux transfrontaliers jouent un rôle stabilisateur important.
Les résultats révèlent que la proximité culturelle et les solidarités communautaires constituent des formes d’autorégulation contribuant à la prévention des conflits. L’auteur propose ainsi une relecture de la sécurité, considérée non plus uniquement comme une responsabilité étatique, mais comme un processus construit « par le bas », à travers les communautés locales.
Gouvernance et conflictualité dans les établissements de l’ESU à Butembo
Enfin, Jean-Baptiste Wambereki a soutenu un mémoire en Sciences administratives portant sur « Gouvernance et conflictualité au sein des établissements publics de l’Enseignement Supérieur et Universitaire en sous-conférence des chefs d’établissements de Butembo », sous la direction du Professeur Dr Katsuva Muhindo Alphonse.
Son étude examine les facteurs à l’origine des conflits dans les institutions de l’ESU. Elle met en évidence une conflictualité multiforme, à la fois institutionnelle, sociale et politique, dans un environnement marqué par des tensions organisationnelles persistantes.
Les résultats soulignent que la mauvaise gouvernance, la politisation des institutions, la faible application des normes et la gestion opaque des ressources constituent les principales causes de ces conflits.
Sur le plan scientifique, ce travail propose une lecture contextualisée des défis de gouvernance universitaire à Butembo, tout en recommandant des pistes fondées sur la gouvernance participative et la régulation institutionnelle pour renforcer la stabilité et la performance des établissements.
Partager:


