
Une trentaine de femmes pour une seule et unique latrine. C’est le quotidien alarmant des femmes détenues de la prison urbaine de Butembo-Kakwangura, au Nord-Kivu. Alors que la région fait face à la 17ème épidémie d’Ebola, les prisonnières redoutent le pire pour leur santé.
Lors d’une visite caritative effectuée, il y a quelques jours, dans leur cellule par l’Association des femmes médecins de Butembo, les prisonnières ont tout raconté, espérant que leur voix trouvera un écho favorable auprès des autorités.
Entassées dans une cellule, elles partagent un seul robinet. Un point d’eau qui doit servir à la fois pour la cuisine, la vaisselle, mais aussi pour l’hygiène intime.
« Nos conditions de détention dans cette cellule ne sont pas bonnes. Dans sa conception, la maison n’a qu’une chambre et une latrine. Le même robinet se trouvant dans la latrine c’est le même où nous puisons de l’eau pour la vaisselle et pour la cuisine », révèle une détenue choisit pour parler au nom de toutes.
A cela s’ajoute la promiscuité, renforçant les risques de contamination et de propagation du virus, auprès de personnes déjà vulnérables.
« Ici, nous venons de plusieurs contrées : Kisangani, Goma, Walikale… Vous comprenez donc que nous sommes issus de plusieurs territoires et de différentes tribus. Alors, dites aux autorités de nous construire une prison qui ait ne fût-ce que trois chambres », a- t-il plaidé.
Parmi les responsables pénitentiaires, personne n’a souhaité commenter la situation.
En avril dernier, une délégation du ministère congolais de la Justice avait effectué une visite d’inspection à la prison urbaine de Butembo-Kakwangura. A la tête de cette mission, le secrétaire général à la justice, après avoir visité différentes cellules, avait promis de transmettre la situation de Kakwangura à sa hiérarchie pour que la ville de Butembo soit parmi les priorités dans le programme de construction des maisons carcérales déjà en prévision au pays.
Jackson Sivulyamwenge
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