RDC : un enseignant engagé, humble et visionnaire, ainsi témoignent étudiants et collègues du professeur Tsongo Kibendelwa
Le professeur ordinaire et docteur Tsongo Kibendelwa Zacharie, décédé le 2 août dernier à Nairobi et inhumé ce mardi 11 août 2026, laisse derrière lui le souvenir d’un enseignant engagé, d’un pionnier de la formation paramédicale et d’un homme profondément attaché à la transmission du savoir. Ce sont autant de témoignages de ceux qui l’ont côtoyé et qui ont bénéficié de la formation de l’un des grands docteurs du pays et pionnier de la médecine à l’Université catholique du Graben (UCG/Butembo). Ils ont témoigné ce mardi 11 août 2026 lors des funérailles, au cours d’une interview avec La Voix de l’UCG.
Selon le chef de travaux à la Faculté d’économie de l’Université catholique du Graben, Jean-Louis Nzweve, le professeur ordinaire et docteur Tsongo Kibendelwa Zacharie possédait une attitude exceptionnelle envers les étudiants. Ancien de ses étudiants, il indique qu’il fut un défenseur des étudiants en cas de problème à la faculté. Un comportement qui le rapprochait des étudiants, entretenant ainsi une relation de proximité. Le CT Nzweve qualifie le professeur Kibendelwa Zacharie d’homme qui prônait l’égalité et la justice.
« Je l’ai connu comme le premier secrétaire général académique de l’Institut technique médical de Butembo. À l’époque, je commençais également ma formation à l’UCG. Il faisait partie des professeurs qui ont porté la faculté de médecine à ses débuts. C’était aussi un homme de franc-parler. Je me rappelle que, lorsque nous étions révoltés et que nous réclamions de meilleures conditions d’études à l’UCG, nous n’étions pas toujours écoutés par les responsables de l’université. Il était parmi les rares professeurs à s’être prononcés directement. Il disait, en substance : avant de condamner uniquement le mauvais comportement des étudiants, il faut aussi les écouter et essayer de comprendre ce qui est à l’origine de leur attitude. Moi, je trouvais cette attitude exceptionnelle ».
Vital Masengo a également eu la chance de suivre des cours dispensés par le professeur docteur Tsongo Kibendelwa à Kisangani, en 1985. Il garde de lui le souvenir d’un homme humble. Il conserve du professeur Kibendelwa un héritage qui va au-delà des auditoires.
« Je le connais depuis 1985, lorsque j’étais parti poursuivre mes études à Kisangani. C’était un homme simple, avec un grand cœur. Il n’avait pas les complexes que l’on pouvait parfois retrouver chez certains médecins. C’est lui qui nous avait accueillis à Kisangani, aux Cliniques universitaires. Il nous facilitait les formalités. Il était abordable et disponible ».
De son côté, Paluku Vusahika, secrétaire général académique de l’Institut supérieur des techniques médicales (ISTM/Butembo), rapporte que le professeur Tsongo Kibendelwa fut un pionnier de l’enseignement paramédical à Butembo. Il a joué un rôle historique, alors qu’il était directeur général de l’ISTM, dans la mise en place d’un plan de développement de cette institution.
« Le professeur Tsongo Kibendelwa est reconnu par les archives et par l’histoire comme ayant été le premier directeur général de l’ISTM Butembo. Les traces qu’il a laissées et tout ce qui s’est fait à l’ISTM Butembo sont, en grande partie, l’exécution de son plan de développement de l’école. Il a été le premier à ouvrir, dans le milieu, une école d’enseignement des sciences paramédicales, notamment dans le domaine des soins infirmiers. À cette époque, pour faire des études en sciences infirmières, il fallait se déplacer jusqu’à Kisangani, Kinshasa ou Bukavu. C’est lui, avec l’expérience acquise notamment à Kisangani et à Bukavu, qui nous a apporté les méthodes et les procédés d’enseignement nécessaires pour formed les paramédicaux ».
Le professeur docteur Tsongo Kibendelwa Zacharie est une figure importante de l’histoire de l’enseignement médical et paramédical dans l’est de la République démocratique du Congo. Pédagogue et bâtisseur, il a contribué à la formation de plusieurs générations d’étudiants en médecine et dans d’autres facultés. Mais son héritage ne se limite pas aux institutions qu’il a servies. Ses anciens étudiants et collègues retiennent également son courage de dire ce qu’il pensait, son souci d’écouter les étudiants, sa simplicité et sa disponibilité.
Julienne Muhima
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