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Mambasa : la synergie de la société civile décrète l’incivisme fiscal pour 6 mois

Cette désobéissance fiscale est motivée par l’insécurité persistante observée dans cette partie de la province de l’Ituri depuis 2022. Elle a été décrétée ce mercredi 12 août 2026, après une journée de deuil décrétée par la synergie des coordinations de la société civile de Mambasa, et vise à dénoncer les exactions des terroristes des Forces démocratiques alliées (ADF).

Dans le territoire de Mambasa, la synergie de trois coordinations (entre autres la Société civile forces vives, la Société civile du Congo, la Nouvelle société civile), démontre que la population semble être délaissée par les autorités censées la protéger contre l’insécurité. Cela, au vu de l’absence d’une réponse significative aux massacres perpétrés par les ADF et dont sont victimes les civils. Les conséquences de l’insécurité, à l’instar des déplacements massifs des habitants et de la perte de capitaux, motivent aussi cet incivisme fiscal. Marie Noella Anotane, l’une des porte-parole de cette synergie, fustige qu’en dépit des massacres de civils, les autorités n’adressent aucun message de condoléances et ne communiquent pas non plus sur les mesures prises pour limiter l’hémorragie sécuritaire.

« Quand la population perd ses capitaux, ses biens… perd les leurs dans leurs familles, sans l’assistance du gouvernement, nous ne voyons même pas le gouvernement écrire même un communiqué de condoléances, un communiqué de compassion… Nous pensons que nous sommes délaissés. C’est pour cela, l’assemblée générale a pensé qu’il faudrait toucher là où ça va faire mal. Et pour l’État, les contribuables qui sont la population, ce sont eux qui payent des taxes, des impôts pour que l’État fonctionne. Comme l’État ne prend pas au sérieux la situation des enfants du territoire de Mambasa, c’est comme cela que la population a réfléchi qu’elle ne payera pas la taxe, les impôts, jusqu’à ce que la paix revienne ».

Cette décision sera d’application, pour sa première phase, pendant six mois, selon les initiateurs. Toutefois, Marie Noella Anotane signale que la synergie est prête à lever cette désobéissance fiscale avant la fin de cette échéance si la situation s’améliore de manière prometteuse.

« Nous pensons que si les autorités réagissaient vite vite, dans un mois, deux mois, on ne refuserait pas de lever la mesure. Parce que la population va sentir que son gouvernement s’occupe d’elle, s’occupe de sa sécurité, de la sécurité de ses biens. Et voilà, les gens ne meurent plus, on ne constate plus de cas de deuil par-ci par-là, de tueries, les exactions des ADF… Et là, la population sera contente de son gouvernement et va revenir sur cette décision pour soutenir l’État en payant les différentes taxes. Mais si la sécurité ne nous revient pas vite, voilà, on va rester dans ce système-là de l’incivisme fiscal. Mais nous sommes prêts, comme les acteurs de la société civile, à soutenir l’État ».

Notons que les activistes de la société civile du Nord-Kivu, de l’Ituri et du Haut-Uele menacent, à chaque recrudescence des massacres de civils par les ADF, de décréter un incivisme fiscal. Cela semble être la première fois depuis plusieurs années que cette mesure est décrétée par les structures citoyennes.

Glodi Mirembe

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