Les activités socioéconomiques ont été paralysées ce mardi 11 août 2026 suite à l’appel de la synergie des mouvements citoyens et groupes de pression de Butembo. Au centre commercial, les portes des magasins, banques et autres entreprises étaient fermées. Seuls les vendeurs de certains étals sur le boulevard du Président-de-la-République ont été visibles. Les organisateurs de cette journée sans activités félicitent la population pour l’arrêt des activités afin de protester contre l’arrestation des militants et exiger la fin de l’état de siège en province.
Déjà dans la matinée de ce mardi 11 août 2026, des foyers de feu ont été allumés et des barricades placées à travers la ville. C’est notamment sur l’axe Mutsanga, Furu et sur certaines avenues de Butembo. Mobilisés pour la cause, des jeunes garçons ont joué à des jets de projectiles avec les éléments de la Police nationale congolaise. En dépit des provocations, les services de sécurité déployés dans ces coins ont maîtrisé les manifestants, sans faire usage de tirs de sommation, ni de bombes lacrymogènes. Certains jeunes interpellés pierre à la main ont été relâchés sur place après discussion avec les policiers.
Pendant ce temps, au cœur de Butembo, au monument historique, c’est un dispositif important qui y a été déployé pour parer à toute éventualité, alors qu’au rond-point Kaghutura un pneu a été brûlé sur l’avenue menant vers l’église. Dans les grands carrefours de la ville, la police de la circulation routière y était visible, au vu d’une circulation timide observée sur certaines rues.
Par ailleurs, au marché central de Butembo, c’est un mouvement inhabituel qui y a été observé. Les clients n’étaient pas au rendez-vous, bien que l’offre fût considérable avec l’arrivée de denrées alimentaires en provenance de plusieurs villages environnants Butembo. Au même moment, les portes des kiosques, boutiques, magasins et galeries étaient hermétiquement fermées. Les tenanciers étaient en train de discourir devant leurs commerces fermés. Les activités ont également séché dans les institutions de microfinance et académiques.
Les organisateurs de cette journée ville morte, membres de la synergie des mouvements citoyens et groupes de pression de Butembo, notent qu’elle visait à dénoncer la détention à Beni des activistes Clovis Mutsuva, Djarka et Assa Mahamba. En plus, ils disent déplorer le maintien de l’état de siège en dépit de l’absence de résultats escomptés face aux massacres des civils dans le Grand Nord-Kivu. L’activiste Salama Kaliki, qui parle d’une initiative réussie à plus de 90%, appelle le gouverneur à plus de responsabilité, tout en libérant les activistes emprisonnés suite à leur engagement dans la dénonciation des maux de la société.
« Comme vous l’avez constaté, les boutiques sont fermées, donc il n’y a pas de travail à Butembo. Cela nous motive fort et montre combien de fois nous marchons côte à côte avec la population. Nous avons aussi profité pour interpeller le gouverneur : comme c’est le fils du terroir, il est notre frère, nous lui avons dit : « Trop c’est trop ! On est en train d’égorger tes frères, mais toi tu te concentres dans d’autres choses ; tu es dans des forums, tantôt des voyages, tandis qu’il fallait se concentrer à aller traquer les ADF dans la forêt. » Si le gouverneur ne libère pas nos amis, si le gouverneur ne fait pas bien son travail, nous allons continuer à manifester parce que nous ne pouvons pas rester silencieux et l’ADF nous massacre comme ça, sans même pleurer. Non non, ce n’est pas possible. Je dis d’abord merci parce qu’on voit la population a respecté le mot d’ordre des mouvements citoyens et groupes de pression. Nous disons merci ».
Les manifestants ont aussi fustigé l’incendie de la tombe de Delcat Idinco par des personnes non autrement identifiées, dans la nuit du dimanche 9 au lundi 10 août 2026
Glodi Mirembe
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