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Lutte contre Ebola : à Butembo, le CT Benjamin Kaghoma plaide pour la biosécurité des agents d’assainissement

Les agents chargés de l’assainissement public figurent parmi la catégorie des personnes les plus exposées aux risques sanitaires, notamment à la maladie à virus Ebola. Ce, au vu de l’exercice de leur métier sur plusieurs sites publics, entre autres le marché central, les maisons d’habitation et les caniveaux de la ville, où ils évacuent les immondices et les déchets dans des conditions jugées préoccupantes. C’est ce qu’a fait savoir le chef de travaux Benjamin Kaghoma, ce vendredi 29 mai 2026. Il appelle à la mise en place de mesures de biosécurité pour ces agents publics.

Selon le chef de travaux Benjamin Kaghoma, spécialiste en épidémiologie à l’Université catholique du Graben, ces agents manipulent régulièrement des déchets de différentes natures sans avoir aucune idée de leur potentielle contamination. Parmi ces déchets figurent parfois des mouchoirs usagés, des masques jetés, des vêtements souillés, des liquides biologiques, des vomissures ou encore des objets tranchants pouvant provoquer des blessures. Il rappelle qu’en touchant des surfaces contaminées ou des déchets infectés, les agents peuvent facilement entrer en contact avec plusieurs maladies, dont Ebola, ou encore d’autres infections liées à l’insalubrité.

« Le manque d’équipements de protection pendant le travail constitue une grande inquiétude. Sur les lieux de travail, certains agents ne disposent ni de gants appropriés, ni de bottes, ni de masques de protection, encore moins de dispositifs suffisants pour le lavage régulier des mains avec de l’eau propre et du savon. À cela s’ajoute l’absence d’un système efficace de tri des déchets avant leur évacuation. Les déchets sont souvent mélangés, exposant ainsi les agents aux objets piquants ou tranchants susceptibles de causer des blessures et d’augmenter les risques de contamination. »

Face à cette situation, le spécialiste plaide pour un renforcement des mesures de biosécurité dans le secteur de l’assainissement public. Il recommande la dotation des agents en équipements de protection, ainsi que l’installation de dispositifs de lavage des mains, la désinfection régulière du matériel de travail et leur formation sur les mesures sanitaires à respecter en période d’épidémie.

« Comment doit-on faire pour que ces gens-là restent sans problème sanitaire, surtout pendant cette période d’épidémie ? Les agents doivent porter des gants de ménage, des masques, des bottes ainsi que des tenues de protection. Mais quand on les voit sur le terrain, ils travaillent presque à mains nues, ou avec des gants déjà usés. Il faut aussi vérifier si les déchets ne contiennent pas des objets piquants afin d’éviter les blessures, parce qu’on ne sait jamais qui a utilisé ce matériel jeté dans les déchets. Une autre mesure, et la plus importante, c’est le lavage régulier des mains avec du savon. Malheureusement, ce savon n’est souvent pas disponible. Lorsqu’ils finissent de travailler avec leurs gants et autres matériels, ils doivent également disposer de moyens de désinfection. Ils doivent désinfecter leurs gants, leurs bottes et tous leurs équipements de protection. Mais la question est de savoir : est-ce qu’ils le font réellement ? »

Il estime enfin que la mise en place d’un système de collecte sélective des déchets, qui permettrait de mieux distinguer les déchets dangereux des autres catégories, aidera tant soit peu à protéger les agents contre la contamination.

Julienne Muhima

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