
Le prix de la course dans les transports en commun connaît une hausse vertigineuse sur plusieurs axes routiers du Nord-Kivu. Il s’agit d’une conséquence directe du respect des nouvelles mesures imposées par le gouverneur militaire pour lutter contre la propagation de la maladie à virus Ebola. Ce constat a été fait ce jeudi 28 mai dans quelques agences de transport et chez certains conducteurs de tricycles, communément appelés « Bajaj ».
Les conducteurs que nous avons rencontrés affirment appliquer strictement les mesures de réduction du nombre de passagers, afin de respecter les consignes des autorités provinciales. C’est le cas de Kakule Patrick, conducteur de tricycle Bajaj, qui a réduit le nombre de ses clients. Si avant, il transportait 5 ou 6 clients, actuellement il n’en accepte que 3 ou 4. Une mesure qui a un impact immédiat sur le prix de la course.
« Nous sommes en train d’attendre d’autres mesures de protection contre Ebola. Avant, on transportait 5 personnes, mais en cette période de crise, nous transportons deux ou trois personnes. Puisque la maladie est déjà là, nous ne pouvons pas nous opposer aux gestes barrières ».
À l’agence de voyage Association congolaise pour le développement et la communication (ACDC-RDC), sise sur le boulevard Joseph Kabila, le chauffeur Kasereka Semu se heurte à une difficulté : faire comprendre aux clients le nouveau tarif. Ainsi, à l’arrivée de chaque client, il se lance dans une sensibilisation pour faciliter la compréhension. Pendant ce temps, le prix est passé de 20 000 à 27 000 Francs congolais pour se rendre à Beni.
« Compte tenu de la situation liée au virus Ebola, on nous demande de transporter quatre personnes au lieu de six comme avant. Et les clients sont en train de se plaindre à cause de cette hausse des prix. Nous sommes en pleine sensibilisation depuis mercredi. Avant, on transportait six personnes à 20 000 francs, mais avec cette restriction, nous transportons quatre personnes dans la voiture à 27 000 francs ».
Au même moment, le président Feston Pakia de l’agence Union des transporteurs de Beni (UTB), située sur la rue Matadi, a mis en place un kit de lavage des mains. Avant l’embarquement dans un véhicule, chaque client doit se munir d’un masque après s’être lavé les mains. Une mesure qu’il juge salutaire pour lutter contre la maladie à virus Ebola. Le prix du billet de voyage n’est pas resté statique : alors qu’il se négociait à 20 000 francs, il est actuellement passé à 30 000 francs congolais.
« Chacun de nos passagers doit se munir de son cache-nez et se laver les mains dans notre agence avant le départ. Avant, on transportait six personnes, mais actuellement nous transportons quatre personnes, compte tenu du virus Ebola et du communiqué du gouverneur. Avant, un passager était transporté à 20 000 francs, mais actuellement c’est 30 000 francs. Les clients ont des difficultés à payer ce montant, c’est pourquoi nous demandons au gouvernement de prendre cette situation d’Ebola au sérieux pour que les choses reviennent à la normale, parce que la population souffre des restrictions ».
Pour ce client, Kakule Madirisha, qui voulait se rendre à Beni, la nouvelle est mal tombée. Il n’a plus assez d’argent pour prendre son billet et s’inquiète de cette hausse brusque du prix.
« Je voulais aller à Beni ce matin, et j’ai contacté une agence, mais on m’a demandé 27 000 francs au lieu de 20 000 comme d’habitude. J’ai essayé de négocier avec le taximan, mais ça n’a pas marché ».
Face à cette réalité, les usagers espèrent que les autorités sanitaires parviendront rapidement à maîtriser la situation épidémiologique, afin de permettre un retour progressif à la normale dans le secteur des transports en commun.
Julienne Muhima & stagiaires académiques Innocent Adubango et Robert Lukimbawa
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