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RDC : Face à l’apparition du FRN de Joseph Kabila, Stewart Muhindo de la LUCHA appelle au dialogue inclusif pour prévenir le chaos.

« Dans d’autres pays, les anciens chefs d’État s’engagent dans le processus de stabilisation et de paix dans leurs pays et sur le continent. » C’est la réaction de Stewart Muhindo, activiste des droits humains et membre du mouvement citoyen Lutte pour le changement (LUCHA) en RDC, après l’annonce, ce lundi 12 octobre, de la création du mouvement politico-militaire Front pour la refondation de la nation (FRN), dirigé par l’ancien président Joseph Kabila Kabange et hostile au régime de Kinshasa.

Dans un entretien accordé à La Voix de l’UCG, cet activiste pro-démocratie dresse un bilan mitigé des 18 années de gouvernance de l’ancien président Joseph Kabila, actuellement figure de proue du mouvement rebelle FRN.

« Il a lui-même très mal dirigé le pays durant son mandat. En partant, il a frauduleusement légué le pouvoir entre les mains d’une personne qui n’avait pas été élue par le peuple, à l’issue d’un scrutin truqué. Aujourd’hui, ses intérêts n’étant pas servis comme il le souhaite par son dauphin, il s’en va en guerre contre le pays », se désole-t-il.

Pour Stewart Muhindo, le FRN n’est qu’une nouvelle appellation de l’AFC/M23, avec l’ancien président Joseph Kabila aux commandes. Pour y faire face, l’activiste se montre dubitatif quant à l’efficacité d’une solution exclusivement militaire ou diplomatique pour la RDC. Il soutient plutôt la voie d’un dialogue national inclusif auquel seraient conviés tous les acteurs concernés, notamment l’ancien président Kabila.

« Si nous avions une armée puissante, il lui serait demandé de marcher sur Goma pour anéantir la rébellion, mais c’est impossible. Si nous avions une diplomatie agissante, elle aurait servi à quelque chose dans le contexte actuel. La seule solution possible reste le dialogue inclusif, auquel Kabila doit participer, non pas parce que nous légitimons ses actions, mais parce que c’est lui qui contrôle ces entités-là. On ne peut pas y faire la paix sans l’associer », explique-t-il.

Il convient de rappeler que la création du mouvement politico-militaire FRN, dirigé par Joseph Kabila, intervient également dans un contexte marqué par l’exclusion de certains acteurs politiques et militaires du dialogue inclusif de paix prôné par les confessions religieuses de la RDC, notamment la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC), sous l’impulsion du président Félix Tshisekedi.

Elisha Kindy

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