Il est essentiel de commencer à parler des règles avant qu’elles n’arrivent à votre jeune-fille, soit entre 8 et 10 ans. C’est le moyen le plus efficace de désamorcer la peur et le stress chez les jeunes filles.Alors que le sujet demeure tabou dans de nombreuses familles à Butembo, les relais communautaires des zones de santé de Katwa et Butembo tentent de briser les mythes, dans le cadre du projet Tuhimizane kwa mabadiliko.
En marge de la journée mondialede l’hygiène menstruelle, célébrée jeudi 28 mai, ils appellent les parents et toute la communauté à libérer la parole et lutter activement contre la précarité menstruelle.
A travers une émission de sensibilisation sur la santé sexuelle et reproductive diffusée sur La Voix de l’UCG, Kasereka Asifiwe, relai communautaire dans l’aire de santé de Makasi, affirme qu’il s’agit d’un droit pour chaque enfant, fixant l’âge requis entre 9 et 12 ans.
« Les enfants de moins de 18 ans ont le droit de recevoir des informations sur la santé sexuelle et reproductive, mais à différents niveaux. Lorsqu’ils sont encore très jeunes, vers 12 ans ou 10 ans, il faut surtout leur enseigner l’hygiène menstruelle, il faut vraiment mettre l’accent sur l’enseignement de l’hygiène ».
De son coté, madame Adèle Masika, relai communautaire de l’aire de santé de Katya, également mère de plusieurs enfants, renvoie la responsabilité aux mamans. Ce sont elles qui doivent en parler à leurs enfants.
« Les jeunes filles sont souvent proches de leur maman. C’est donc la maman qui a le devoir de leur parler de ce sujet-là. En effet, à partir de l’âge de 12 ans, l’enfant peut se retrouver à l’école et remarquer que son uniforme scolaire est tachée. Elle va paniquer en voyant qu’elle a ses règles ou que du sang coule, sans savoir de quoi il s’agit. C’est parce que nous, les mamans, nous ne nous asseyons pas avec nos enfants pour les éduquer et leur dire : « Lorsque tu atteindras cet âge, tu verras du sang couler, tu vas constater que des poils poussent à certains endroits ». Il faut avoir la force d’éduquer les enfants à ce niveau ».
A côté de la famille, l’éducation sur l’hygiène menstruelle devrait également avoir une place de choix dans les associations et clubs dejeunes. C’est ce que recommande, pour sa part, mademoiselle Marie Salama, encadreur des jeunes dans l’aire de santé Makasi.
« Il est très important d’en parler avec les jeunes, surtout lorsqu’ils se retrouvent entre eux. Créer un environnement favorable où chacun peut s’ouvrir librement et exprimer ce qu’il sait. Ainsi, celles qui ont été enseignées au sein de la communauté ou par les parents, peuvent partager librement leurs connaissances aux autres ».
Célébrée chaque 28 mai, la Journée mondiale de l’hygiène menstruelle vise à briser les tabous et à lutter contre la précarité menstruelle. Elle rappelle que les règles sont une fonction naturelle et non une source d’exclusion, de discrimination ou de décrochage scolaire.
Jackson Sivulyamwenge
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