Butembo : « Dura lex, sed lex », le maire maintient la décision de sa hiérarchie, les boutiques et kiosques seront évacués

La loi est dure, mais c’est la loi. Le maire de la ville de Butembo, le commissaire supérieur principal Mowa Bayeki Telly, n’a pas fléchi face aux supplications des tenanciers des boutiques et kiosques installés le long des artères principales, menacés de démolition dans un bref délai. Cette position a été réaffirmée lors d’une séance d’échange organisée avec les concernés.
Selon l’autorité urbaine, l’ultimatum avait déjà été lancé depuis septembre de l’année dernière. Il précise que cette décision ne relève pas d’une initiative locale, mais qu’elle émane de la hiérarchie, conformément aux normes du ministère de l’Intérieur à Kinshasa. Le maire appelle ainsi la population au calme, à la retenue et au respect strict de cette mesure.
« Je vous informe en passant que le vice-Premier ministre, Pluton, en charge de l’Intérieur, a tenu une réunion avec tous les bourgmestres, tous les chefs de quartier de la ville de Kinshasa, tous les commandants de district, et ses instructions ont été transmises pour que l’on puisse assainir la République démocratique du pays. À l’issue de cette réunion, nous allons nous retrouver le vendredi pour que, ensemble, nous puissions prendre une décision. Une décision, ce n’est pas de boycotter l’ordre de la hiérarchie.
On ne se rebelle pas contre son État, puisque si vous vous rebellez contre votre État, l’État est capable de vous répondre. Aujourd’hui, il vous envoie deux policiers, vous les battez. Demain, il va envoyer une section, vous les battez aussi. Demain, il va envoyer une pléthore, vous les battez comme vous êtes trop forts. Demain, vous verrez que derrière vous, il y aura tout un bataillon qui viendra pour vous maîtriser. »
Cette rencontre intervient dans un contexte de vives contestations. Les exploitants concernés dénoncent une décision qu’ils jugent marginale et injustifiée. En amont de cette séance, une marche de protestation avait déjà été organisée pour exprimer leur mécontentement.
Elisha Kindy
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