
Le gouvernement congolais devrait faciliter l’accès aux crédits et aux financements en faveur des agriculteurs afin de relancer le secteur agricole du pays, à l’instar d’autres nations ayant prospéré grâce à ce domaine. Telle est la recommandation formulée dans le travail de mémoire défendu, vendredi 27 mars 2026, par Ilunga Mukendi Willy, en vue de l’obtention du diplôme d’études approfondies (DEA) en faculté des sciences économiques et de gestion de l’Université catholique du Graben.
L’impétrant, Ilunga Mungedi Willy, chercheur et bourgmestre policier de la commune de Bulengera, affirme avoir constaté que, dans la région de Butembo-Lubero, plusieurs facteurs entravent l’accès des agriculteurs aux crédits agricoles. Il cite notamment le manque de garanties que les petits producteurs peuvent soumettre aux institutions de microfinance ou aux banques pour accéder au crédit.
L’insécurité ainsi que les difficultés d’accès aux centres d’évacuation des denrées constituent également un obstacle majeur.
« Dans nos hypothèses, nous avons voulu mettre en évidence les obstacles ou facteurs défavorables qui empêchent les petits agriculteurs d’accéder au financement, notamment le manque de garanties, les conditions rigides d’accès au crédit, les difficultés d’accès au marché, la faible capacité organisationnelle, l’utilisation de techniques agricoles rudimentaires ainsi que l’insécurité. Tous ces éléments ont été identifiés comme des défis majeurs. Dans le cadre de notre travail, nous avons mené des enquêtes de terrain et consulté certaines organisations paysannes. Les résultats montrent que ces organisations se limitent principalement au conseil technique et à l’encadrement des agriculteurs ».
Le chercheur propose la mise en place d’une banque exclusivement agricole, capable d’aider les petits exploitants à accroître leur rendement. Cette institution accorderait des crédits sous forme d’intrants ou de matériel, avec un système de remboursement adapté aux réalités du secteur.
« Nous envisageons la création d’une banque agricole capable de prendre en compte certaines variables spécifiques. Par exemple, nous avons évoqué le cas d’Evergreen, une organisation présente en Afrique du Sud et au Kenya, qui accorde des subventions et des crédits productifs. Elle soutient les agriculteurs en leur fournissant des tracteurs et des équipements mécanisés, tout en intégrant des assurances dans ses services. Cela permet aux agriculteurs de travailler avec des moyens modernes et d’augmenter leur rendement. Au Ghana, par exemple, l’Agricultural Development Bank finance les petits agriculteurs avec des modalités de remboursement adaptées à leurs revenus réels, et non uniquement à des échéances fixes ».
Pour rappel, dans la ville de Butembo comme dans le territoire de Lubero, les agriculteurs peinent encore à accéder aux crédits auprès des institutions financières classiques.
Glodi Mirembe
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