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RDC : 17 ans après l’accord du 23 mars, le M23 jugé « sans base légale » à la lumière des nouveaux accords internationaux

Les facteurs ayant conduit à la création de la rébellion du 23 mars (M23), ainsi que ceux liés à sa résurgence associée aux RDF et aux négociations de Doha au Qatar, sont aujourd’hui considérés comme obsolètes. C’est en tout cas l’avis de Nicaise Kibel Bel Oka, journaliste et écrivain congolais, spécialiste des mouvements armés en Afrique centrale et auteur de plusieurs publications sur les rébellions dans l’est de la RDC.

Selon lui, les dynamiques actuelles sont désormais encadrées par de nouveaux instruments internationaux. Il cite notamment les accords de Washington et la résolution 2773 des Nations unies qui, d’après l’analyste, ne reconnaissent pas l’existence du M23. Il a livré cette analyse à La Voix de l’UCG ce mardi 24 mars 2026, à l’occasion du 17ᵉ anniversaire de l’accord du 23 mars 2009.

Pour cet expert, à la lumière de ces nouveaux textes, la rébellion du M23 ne peut se prévaloir d’aucune légitimité, la qualifiant de « marionnette du Rwanda », un pays pourtant engagé dans un processus de paix avec la RDC, entériné notamment dans les accords internationaux récents.

« Cette résolution pose cinq points essentiels : premièrement, le respect de l’intégrité territoriale de la RDC ; deuxièmement, le retrait des troupes rwandaises du sol congolais ; troisièmement, la fin du soutien du Rwanda à la rébellion ; quatrièmement, le rétablissement de l’autorité de l’État sur toute l’étendue du territoire national ; et cinquièmement, la question rwandaise liée à la neutralisation des FDLR. Quand on lit cette résolution et les accords de Washington, l’AFC/M23 n’existe pas », affirme-t-il.

Il y a 17 ans, le 23 mars 2009, un accord avait été signé entre le gouvernement congolais et le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) afin de mettre fin aux violences dans la province du Nord-Kivu. Dix-sept ans plus tard, la paix reste cependant fragile dans l’est de la République démocratique du Congo.

Issu en grande partie des anciens combattants du CNDP, le Mouvement du 23 mars (M23) a repris les armes en 2012, accusant le gouvernement congolais de ne pas avoir respecté les engagements pris, notamment en matière d’intégration des ex-combattants dans l’armée et de garanties sécuritaires.

Après sa défaite militaire en 2013, le mouvement est réapparu à partir de 2021. Depuis, il a progressivement occupé plusieurs zones dans l’Est du pays, particulièrement au Nord-Kivu, ravivant les tensions et aggravant une crise humanitaire déjà préoccupante.

Elisha Kindy

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