
L’Hôpital de référence secondaire de Matanda enregistre ces derniers temps une faible fréquentation de malades suite à la résurgence de la maladie à virus Ebola dans la ville de Butembo. C’est ce que révèle le docteur Kalima Nzanzu au cours d’une interview accordée à La Voix de l’UCG ce vendredi 4 septembre 2026. Il estime qu’au stade actuel, les habitants doivent reprendre l’habitude de se rendre à l’hôpital en cas de malaise pour leur prise en charge médicale.
Alors qu’avant la résurgence de la maladie à virus Ebola, on observait un fort engouement des malades à l’Hôpital de référence secondaire de Matanda, la tendance a changé. Si auparavant cette structure sanitaire recevait au minimum 30 patients par jour, elle en accueille aujourd’hui difficilement 15. Le docteur Kalima Nzanzu note que cette rareté des malades serait directement due à la résurgence d’Ebola.
À l’en croire, beaucoup de patients craignent d’être retenus comme cas suspects d’Ebola et préfèrent se faire soigner dans des postes de santé situés en périphérie de la ville. Ce professionnel de santé regrette cette attitude qui, selon lui, favorise la propagation de la maladie.
« Les malades ont tendance à ne pas venir à l’hôpital. Ce n’est pas une bonne pratique. Ils sont maintenant en train d’aller dans des postes de santé de la périphérie. Vous allez voir quelqu’un de Butembo va se faire soigner facilement à Kipese… Ce n’est pas une bonne façon de faire. C’est vrai que la maladie est là, mais ce n’est pas à dire que tout le monde est contaminé. Il y a des signes qui laissent à ce que l’on puisse prendre le malade, qu’on puisse l’isoler. Ce n’est pas parce que vous venez avec une douleur ou parce que vous avez des chatouillements au niveau du corps qu’on va vous isoler, non ! Il ne faut pas croire que dès que vous arrivez à l’hôpital, immédiatement on va vous isoler ».
Le docteur Kalima Nzanzu rappelle que les Centres de traitement Ebola (CTE) et de transit (CT) ont été construits dans le but de prendre en charge les cas suspects et confirmés, et ne représentent en aucun cas un mouroir.
Il appelle la communauté à se rendre dans les structures sanitaires le plus tôt possible en cas de malaise, afin de bénéficier d’une prise en charge urgente et de contribuer à limiter la propagation d’Ebola.
« Quand vous commencez à avoir des signes, vous allez dans un poste de santé. Ça ne marche pas, vous allez dans un autre poste. Ça ne marche pas, vous allez encore ailleurs : vous êtes en train de perdre du temps. Et ce sont ces gens-là qui sont en train de mourir. On n’est pas là pour tuer les gens, mais on est là pour les sauver. Parce que beaucoup de gens pensent qu’en construisant ces CT, ces CTE, on veut tuer les gens. Non, loin de là notre pensée. Et si la population nous aide, en tout cas dans deux mois il n’y aura plus de cas. Mais s’ils continuent à se cacher, à cet allure on peut même faire deux ans ».
Il convient de rappeler que l’augmentation des cas confirmés de maladie à virus Ebola est, selon le personnel soignant, due à la résistance face aux équipes de la riposte engagées dans la lutte, au déni de l’existence de la maladie ainsi qu’à l’automédication.
Désiré Mufazili
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