Les derniers hommages ont été rendus ce mercredi 29 juillet 2026 à Muhindo Mutokambali Victoire, étudiant inscrit en troisième année de Licence en droit à l’Université officielle de Ruwenzori (UOR/Butembo). Avant que sa dépouille ne soit conduite à Beni pour l’inhumation, camarades, amis, proches, membres de la famille et le corps académique ont pris part, à Butembo, à une messe de funérailles, suivie d’une caravane motorisée qui a chuté à la mairie. À travers ces hommages, la Représentation des étudiants du Congo (REC/Butembo-Lubero) voulait dénoncer le meurtre de son membre et exiger la protection des étudiants ainsi que la sécurisation des sites universitaires de Butembo.
Glodi Mirembe, détails
Déjà dans la matinée, une messe avait été dite à la paroisse Sainte-Croix Kyavuyiri de Muthiri, juste après la levée du corps de la morgue de l’hôpital général de référence secondaire de Matanda. À la sortie de l’église, la caravane motorisée s’en est suivie. Sous la pluie, les étudiants scandaient des chants hostiles à l’insécurité et aux forces de l’ordre.
Arrivés à la mairie de Butembo, ils ont lu leur mémorandum devant l’autorité urbaine. Selon les termes de leur déclaration, il est inacceptable qu’un étudiant soit lâchement abattu à son domicile, ce qui menace le droit à la vie des étudiants de la ville. Le président honoraire de la REC/Butembo-Lubero, Seth Bonhomme, a exigé, au nom des étudiants, l’ouverture d’enquêtes sérieuses et impartiales afin que les auteurs de ce meurtre soient identifiés et punis conformément à la loi congolaise.
De plus, la REC estime qu’il est urgent que les autorités sécuritaires renforcent la protection des zones résidentielles et des sites estudiantins. C’est notamment en multipliant les patrouilles à travers la ville et en mettant en place un réseau d’alerte rapide auprès des services compétents.
« Arrestation et sanctions exemplaires des auteurs du crime : nous exigeons que les criminels répondent de leurs actes devant la justice pour que la mémoire de notre camarade soit honorée et que la loi de la République soit respectée. Protection renforcée des étudiants et sécurisation des zones résidentielles : nous recommandons la mise en place de mesures immédiates, notamment des patrouilles régulières et renforcées dans les quartiers résidentiels et autour des sites estudiantins, la création d’un canal direct de signalement des menaces ou incidents sécuritaires, ainsi qu’une présence contrôlée et professionnelle des services de sécurité reconnus par l’État pour assurer la quiétude des citoyens ».
En réceptionnant le document, le chef de division unique à la mairie de Butembo, Matimbya Gaudéfroid, représentant le maire policier, a rassuré les étudiants en affirmant que leurs revendications seront transmises à qui de droit. Tout en indiquant que les enquêtes sont déjà ouvertes, il a encouragé la communauté à fournir toute information susceptible d’aider à faire progresser les investigations et à arrêter les coupables.
« Les revendications qui sont formulées dans ce cahier des charges nous entrent au cœur et que désormais, les services spécialisés vont se pencher là-dessus. Surtout que ces mêmes services ont déjà commencé les enquêtes. Nous espérons que tout le monde va se mettre de manière à apporter des éléments qui pourront éclairer et qui pourront aider les enquêtes à avancer, parce que la sécurité, c’est une affaire de tout le monde. Nous vous félicitons pour ce climat de sérénité dans lequel vous accompagnez votre camarade ».
Après la mairie, les délégations d’étudiants, les autorités académiques, la famille et les proches se sont dirigés vers Beni pour l’inhumation de l’illustre disparu, en ce mercredi 29 juillet jour où il aurait dû soutenir son mémoire en faculté de droit à l’UOR.
Rappelons que l’assassinat de l’étudiant Muhindo Mutokambali Victoire intervient quelques mois après celui de l’étudiante Rosette, de l’ISTIM. Cette dernière avait été touchée le 12 novembre 2025 par une balle perdue lors d’affrontements entre deux factions de la milice Wazalendo vers le marché MTB à Musimba, alors qu’elle rentrait des cours.
Glodi Mirembe
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