Sécurité

 Goma, un an après : sécurité relative, traumatisme persistant

Après trois jours d’intenses combats autour de Goma et d’une forte résistance à l’aéroport de Goma, le 27 janvier 2025, la rébellion du M23 et l’armée rwandaise s’emparaient de la capitale provinciale du Nord-Kivu, dans l’Est de la RDC. Selon l’ONU, près de 2 900 personnes au moins avaient perdu la vie. En dépit des démarches diplomatiques entamées et de la poursuite des offensives sur les lignes de front entre les rebelles du M23, soutenus par les forces rwandaises, et les Forces armées de la RDC appuyées par l’armée burundaise, ainsi que les résistants Wazalendo, un an après, Goma est toujours sous le contrôle de la rébellion, qui y a installé son quartier général et une administration politique parallèle.

Conséquences : les banques sont fermées, l’aéroport international de Goma aussi. La population, vivant dans un sentiment d’abandon, en paie le prix, mais apprend progressivement à vivre dans cette situation.

Pour le surnommé Himbi, habitant contacté par La Voix de l’UCG, une année après, la rébellion a réussi, grâce à la terreur, à rétablir la situation sécuritaire urbaine, jadis souillée par le banditisme à main armée.

« Nous vivons dans une situation d’accalmie totale ici à Goma. Autrefois théâtre des mouvements inciviques urbains communément appelés “40 voleurs”, cela n’existe plus. Goma respire, la population remarque des avancées significatives sur le plan sécuritaire. »

Selon un enseignant contacté depuis Goma, un an après, le secteur éducatif reste durement affecté par cette situation. Les enseignants et les élèves sont tous traumatisés. Mais il reste convaincu que l’éducation à la paix et au vivre-ensemble est un moyen de résilience.

« Enseigner dans cette situation, ce n’est pas facile. Il y a une baisse d’effectifs qui est enregistrée dans la plupart des écoles. Les élèves et les enseignants vivent encore le traumatisme de la guerre, même si la situation générale est calme. La population, chacun en ce qui le concerne, essaie de comprendre la nouvelle conjoncture et d’apprendre à s’adapter. »

Pour Marion Ngavo, ancien président de la société civile de Goma, un an après, l’économie locale est asphyxiée et, selon lui, la population vit dans la misère.

« La population vit dans la désolation. La multiplication des taxes est remarquable, le dédouanement des marchandises dans les espaces du M23, tout cela met à mal la population », regrette-t-il.

Après y avoir défié les FARDC, la MONUSCO, la SAMIRDC, les mercenaires roumains et les Wazalendo, le 17 février, soit deux semaines plus tard, la rébellion et l’armée rwandaise s’offrent Bukavu, la deuxième ville stratégique du Kivu, après d’intenses combats à l’aéroport de Kavumu, où l’armée, avant son repli stratégique, a opposé une grande résistance.

Elisha Kindy

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