110 cas d’avortement enregistrés en l’espace de 12 mois à l’Hôpital provincial du Nord-Kivu à Goma. Ces statistiques émanent d’une étude défendue à l’Université catholique du Graben (UCG/Butembo). L’étudiant recommande aux hôpitaux de mettre à la disposition de la communauté des médicaments contraceptifs pour éviter le pire.
Venu de l’Université de Goma (UNIGOM), l’étudiant Serge Kabuyaya a, dans son travail intitulé « La fréquence des avortements et les facteurs associés à l’Hôpital provincial du Nord-Kivu », démontré que l’avortement devient de plus en plus une habitude, aussi bien pour les jeunes adolescentes que pour les adultes. Sur 978 femmes gestantes enregistrées à l’Hôpital provincial du Nord-Kivu à Goma, 110 d’entre elles ont avorté.
Si certains avortements sont spontanés, d’autres par contre sont provoqués ou clandestins. Les filles qui ont tenté l’avortement clandestin se sont présentées dans cette structure sanitaire après des complications à domicile. Bien que la fréquence des avortements soit en dessous de 50 %, l’étudiant en 4e doctorat parle d’une gravité.
« Nous avons constaté qu’il y a beaucoup de cas d’avortement. Il y a des avortements qui sont spontanés… Nous avons eu beaucoup de cas d’avortement spontané et aussi beaucoup de cas aussi d’avortement provoqué ou clandestin, il y en a. Bien que c’est pas le motif de consultation, mais il y en a, nous avons vu ça quand même. Chez travail, à l’Hôpital provincial du Nord-Kivu, nous avons réalisé environ 978 gestantes dans un intervalle de 12 mois, et sur les 978 gestantes, nous avons eu 110 cas d’avortement. Et sur les 110 cas d’avortement, nombreux étaient spontanés, mais d’autres étaient clandestins. Mais les clandestins se présentaient à l’hôpital après des complications. Le pourcentage est moins de 50 % oui, mais ça représente une gravité dans la population de Goma oui bien sûr ».
Par ailleurs, Serge Kabuyaya note que plusieurs causes sont à la base de ces avortements. S’agissant des avortements spontanés, il rapporte des prééclampsies, des poussées d’hypertension pendant la grossesse, des malformations fœtales, un retard de croissance intra-utérin, voire la mort fœtale. Du côté de l’avortement clandestin, l’étudiant signale que les causes sont socio-économiques.
Il met en garde contre les conséquences des avortements clandestins, à l’instar de la mort, la perforation de l’utérus, les problèmes psychologiques ou voire l’affaiblissement de l’immunité. Ainsi, Serge Kabuyaya estime que les hôpitaux devraient rendre disponibles des contraceptifs pour les filles et femmes afin d’éviter les avortements clandestins.
« Nous nous recommandons d’abord aux jeunes filles, ou bien toutes les femmes en âge de procréation, d’adhérer à des séminaires de formation, et s’informer sur de médicaments contraceptifs afin d’éviter des grossesses non désirées. Et nous recommandons aussi à des centres hospitaliers de disponibiliser de médicaments contraceptives, et tous les autres dispositifs pour faire ce qu’on appelle la planification de famille en quelque sorte. Et les mettre au service de tout le monde : et aux mariés, et aux non mariés. Ça pourrait peut-être diminuer le nombre de grossesses non désirées et, par conséquent, ça diminue aussi le nombre d’avortements ».
Il convient de signaler que le phénomène de l’avortement reste une réalité dans la province du Nord-Kivu. L’étudiant Serge Kabuyaya fait partie de la vague d’une trentaine d’étudiants venus des universités œuvrant à Goma, ayant défendu leur mémoire le 27 juillet 2026 à la faculté de médecine de l’UCG.
Notons que les universités fonctionnant dans les zones sous contrôle de l’AFC/M23 ont été frappées d’une suspension des activités académiques. Dans une note circulaire signée le 21 août 2026, le ministre de l’ESU invite les universités d’autres entités à accueillir les étudiants en provenance de la région de Goma-Bukavu afin de poursuivre leur cursus universitaire.
Glodi Mirembe
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