RDC : fin du mandat de Bintou Keita, « son bilan est largement négatif », ONG REDHO

Bintou Keita, la cheffe de la Monusco, a quitté la RDC le dimanche 30 novembre dernier, mettant fin à son mandat à la tête de cette Mission des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo. Alors qu’au Nord et Sud-Kivu ses quatre ans ont été principalement marqués par la prise de Goma, Bukavu ainsi que d’autres grandes agglomérations par la rébellion de l’AFC/M23 ; à Butembo, Bintou Keita se rappellera toujours de l’expulsion de la Monusco, à l’issue d’une série de manifestations de certaines couches de la population en Aout 2022. Pour Me Muhindo Wasivinywa, coordonnateur de l’ONG Réseau pour les Droits de l’Homme (REDHO), c’est une parfaite illustration d’un bilan largement négatif pour la cheffe de la Monusco.
« Son bilan est largement négatif, étant donné que c’est pendant sa gestion qu’il y a eu beaucoup d’abus et violations de droits humains. On a massacré des civils, on a incendié des maisons. Il y a des structures sanitaires qui ne fonctionnent plus. Avec tout ce qui se passe aujourd’hui à Goma, à Rwindi, à Kanyabayonga, à Bukavu, vous allez trouver qu’il y a eu vraiment beaucoup d’abus. Et peu avant son arrivée, les ADF existaient, bien sûr, à Beni, plus précisément dans le secteur de Rwenzori, mais aujourd’hui, c’est tout Beni et une partie du territoire de Lubero, notamment sur l’axe routier Butembo-Manguredjpa. Toutefois, il est vrai que quelques réalisations visibles et palpables ont été réalisées par certaines branches de la Monusco. Mais, comme cette Monusco à comme principale mission de ramener la paix, étant donné qu’elle n’a pas été capable de le faire, la population semble ne pas voir ces quelques réalisations, puisque quand on échoue à la mission principale, les missions secondaires sont accessoires ».
Alors que son départ de la RDC était initialement prévu en février 2026, Bintou Keita a anticipativement quitté le pays fin novembre 2025, suscitant plusieurs commentaires au sien de l’opinion nationale. Mais, a Monusco a tenu à clarifier : son départ relève d’une « décision personnelle ».
Jackson Sivulyamwenge
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