Accord de Washington : la LUCHA exprime ses doutes avant la signature de l’accord de paix entre Tshisekedi et Kagame

À quelques heures de la signature officielle de l’accord de paix de Washington entre les présidents Félix Antoine Tshisekedi de la RDC et Paul Kagame du Rwanda, le mouvement citoyen Lutte pour le Changement (LUCHA) se montre profondément réservé quant à la portée réelle de cet engagement diplomatique présenté comme un pas vers la stabilisation de l’Est congolais.
Un accord sans la mention du retrait des troupes rwandaises
Parcouru par a Voix de l’UCG, le document qui doit être entériné ce jeudi à Washington ne reprend pas l’exigence formulée par Kinshasa lors des négociations : « le retrait des troupes rwandaises du territoire congolais ».
À la place, l’accord évoque un « désengagement » ou une « levée des mesures défensives du Rwanda », sans préciser la nature exacte de ces mesures ni les zones concernées. Une formulation jugée floue par plusieurs acteurs de la société civile, qui y voient un risque d’interprétation à géométrie variable.
Alors que les responsabilités du Rwanda apparaissent atténuées par le langage diplomatique, les engagements assignés à la RDC sont, eux, nettement plus explicites : « la neutralisation des FDLR, un groupe armé rwandais opérant depuis plusieurs années sur le sol congolais ».
Pour le mouvement citoyen Lutte pour le Changement Lucha, cette asymétrie dans les obligations pourrait poser problème lors de l’évaluation de la mise en œuvre de l’accord.
Le mouvement poursuit qu’une compréhension claire du texte permettra à la population de suivre de près l’application des engagements, surtout dans un contexte où les initiatives de paix dans la région des Grands Lacs ont souvent été difficiles à mettre en pratique. Stewrt Muhindo en est militant
« Cet accord ne ramènera ni la paix ni la stabilité. Au contraire, il pourrait ouvrir la voie à une exploitation accrue du territoire congolais, ce texte risque de produire l’effet inverse de celui annoncé. L’absence de garantie ferme sur le retrait des troupes rwandaises pourrait maintenir la RDC dans une situation de vulnérabilité » craint –il
La signature de l’accord intervient alors que les tensions restent vives dans l’Est du Congo, précisément au Sud-Kivu. L’armée congolaise appuyée par l’armée Burundaise et les Wazalendo s’affrontent aux M23 et leurs supplétifs à hauteur de Katogota, et Kamanyola. Ces forces engagées sur la ligne de front, se disputeraient le contrôle de ces localités et la ville d’Uvira siège provisoire des institutions provinciales du Sud-Kivu.
Elisha Kindy
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