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Nord-Kivu : fin du flou hiérarchique entre le commandant des opérations et le gouverneur militaire, la société civile s’en félicite

La nomination d’un nouveau commandant des opérations militaires dans le Grand Nord-Kivu, de grade inférieur à celui du gouverneur militaire, est perçue comme un soulagement par des acteurs de la société civile. Pour Richard Kakule Kirimba, premier vice-président de la société civile en territoire de Beni, cette décision vient mettre fin à un flou dans la chaîne de commandement militaire dans la province.

Selon lui, la parité de grade entre les deux précédents responsables – tous deux généraux-majors – était un frein à la coordination efficace des opérations. « J’ai apprécié cette nomination, car le Général Mugisa est un Général de Brigade dans une province où le gouverneur militaire est un Général-Major. Ce détail, en apparence anodin, posait néanmoins des problèmes de coordination. »

Il rappelle que lorsque le Général-Major Bruneau commandait les opérations, il devait collaborer avec un gouverneur militaire de même grade, ce qui générait, selon lui, des tensions hiérarchiques implicites. « Je salue donc la hiérarchie militaire d’avoir pris en compte cet aspect. »

Le Général Mugisa, déjà connu dans la région, est considéré comme un officier proche des réalités du terrain. « Sa nomination montre une volonté d’écouter les attentes de la population, ce qui passe aussi par un renforcement de la discipline militaire », estime Richard Kakule.

Pour ce dernier, la menace principale reste l’ADF, mais à cette menace externe s’ajoutent souvent des dysfonctionnements internes, notamment liés à l’indiscipline au sein de l’armée. Ces failles ont, selon lui, souvent compromis les efforts de commandants précédents.

Un autre enjeu souligné par la société civile : la coordination entre les opérations militaires menées au Nord-Kivu et en Ituri. « Le Général Mugisa est originaire de l’Ituri, et de ce côté, c’est aussi le Général Bruneau – bien connu ici – qui est en fonction. Cette complémentarité est un atout. »

Richard Kakule insiste sur la nécessité d’une collaboration étroite entre les deux provinces, pour prévenir les attaques rebelles. Il cite les récents évènements survenus à Béu, Katere, Kazaroho et jusqu’à Otomabere, où des dysfonctionnements dans la coordination entre les opérations menées de part et d’autre ont été relevés.

« Aujourd’hui, nous pouvons compter sur le tandem Mugisa-Bruneau. Deux officiers qui connaissent le terrain, les reliefs, et même les modes opératoires des ADF. C’est un motif d’espoir dans cette guerre qui s’éternise. »

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