Guerre du M23 : Des nouvelles vagues de déplacés arrivent à Butembo

Des nouvelles vagues de déplacés en provenance de Ndoluma, Kitsombiro, Lubango, Katondi et Lubero-centre arrivent en nombre élevé dans la ville de Butembo, au Nord-Kivu. C’est la conséquence de la reprise des combats entre les Forces armées de la République démocratique du Congo et les rebelles du M23, appuyés par l’armée rwandaise, sur le front en territoire de Lubero. De nombreuses familles, majoritairement composées de femmes et d’enfants, arrivent en voiture ou à moto par le parking La Réunification de Nziapanda, où La Voix de l’UCG a dépêché son reporter ce mercredi 19 février 2025.
Madame Alphonsine Baraka, gravement enceinte, vient à peine d’arriver en provenance de Lubero-centre. Alors qu’elle peine à marcher, elle compte s’arrêter à Beni pour accoucher.
« La situation n’est pas bonne, il ne reste que des militaires. Moi, j’ai quitté parce que je dois accoucher, et je ne voulais pas accoucher dans pareille situation. Je vais à Beni où la situation est un peu calme », lance-t-elle.
De son côté, mademoiselle Mwamini Verdene fait le petit commerce de poissons à Lubero-centre. Dès l’annonce de l’arrivée des rebelles du M23 à Ndoluma, elle a décidé de quitter nuitamment la cité pour mettre sa marchandise à l’abri.
« J’ai quitté Lubero hier à 23 heures et je suis arrivée à 1 heure. J’ai fui parce que le M23 était annoncé à quelques kilomètres de Lubero-centre. Pour moi, il faut prévenir, voilà pourquoi j’ai quitté la cité avant le temps. Je suis revendeuse de poissons, mais là je vais être obligée d’arrêter parce que la situation n’est pas bonne », témoigne-t-elle.
Depuis, il n’y a presque plus de courses en voiture ou à moto-taxi en direction de Lubero. Il est difficile pour les taximen de trouver des clients, comme en témoigne Théophile Kusenge, conseiller au parking La Réunification de Nziapanda.
« Nous faisions le trafic vers Lubero avant qu’on apprenne que les affrontements avaient repris, suivis de la chute de Kitsombiro, mais aujourd’hui nous ne trouvons pas de clients qui veulent s’y rendre parce qu’effectivement les gens ont peur d’y aller. Je suis ici depuis le matin, et tu vois aussi que les motos sont nombreuses sans bouger. Il n’y a pas de clients, ils ont peur de voyager, même ceux qui se rendaient à Kasugho, aujourd’hui ils ne voyagent pas. »
Butembo ne dispose pas de site de déplacés ; ces personnes déplacées sont accueillies dans des familles d’accueil qui vivent elles-mêmes dans la psychose et la précarité.
Jackson Sivulyamwenge
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