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Nord-Kivu : psychose à Butembo face à la progression du M23 dans le sud de Lubero

La détérioration de la situation sécuritaire dans le sud du territoire de Lubero, marquée par l’avancée du M23, alimente une inquiétude grandissante à Butembo (Nord-Kivu). Bien que la ligne de front se situe encore à environ 70 km de la ville commerciale, une partie de la population prend déjà des mesures préventives, redoutant un scénario similaire à celui de Goma.

Depuis plusieurs jours, les banques, les institutions de microfinance et les coopératives d’épargne et de crédit sont prises d’assaut. « Chacun essaie de se faire une réserve financière pour éviter de se retrouver sans liquidités, comme ce fut le cas à Goma », confie un responsable d’une institution bancaire. Les agences de mobile money enregistrent également une forte affluence, les habitants cherchant à retirer leur argent en prévision d’éventuelles perturbations. À Goma, la fermeture des institutions financières après l’entrée du M23 a laissé de nombreux épargnants sans accès à leurs fonds. Craignant une situation similaire, les habitants de Butembo tentent d’anticiper.

Approvisionnement massif au marché central

Ce climat de crainte pousse également certains ménages à stocker des denrées alimentaires. Au marché central de Butembo, ceux qui en ont les moyens achètent en grande quantité. Madame Grâce Katirisa, par exemple, a constitué des réserves conséquentes : 25 kg de semoule de maïs, 10 kg de sucre, 25 kg de riz et du poisson salé. « Tout peut basculer, j’essaie de prendre les précautions », explique-t-elle.

Afflux à la DGM pour les documents de voyage

Du côté de la Direction Générale des Migrations (DGM), de nombreux habitants cherchent à obtenir des tenants-lieu de passeport, un document permettant de voyager hors du pays en l’absence d’un passeport biométrique. Ces derniers jours, des rumeurs faisaient état d’une rupture de stock, mais la DGM a rassuré ce mercredi 19 février que seuls les tenants-lieu pour mineurs ne sont plus disponibles.

Actuellement, les demandeurs reçoivent une autorisation de sortie qui leur permet d’obtenir un tenant-lieu à la frontière de Kasindi, principal point de passage pour les habitants du Grand-Nord souhaitant entrer en Ouganda. Sans ce document, ni les adultes ni les enfants ne peuvent traverser légalement.

Les familles aisées quittent déjà le pays

Face à l’incertitude, certaines familles les plus aisées ont déjà franchi la frontière ougandaise pour se mettre à l’abri. Cette situation illustre l’angoisse croissante à Butembo, alors que l’avancée du M23 dans le sud de Lubero ravive les craintes d’un élargissement du conflit.

Pendant ce temps, depuis quelques jours, des maisons commencent à prennent  des précautions en mettant à l’abri leurs biens. Des dépôts évacués, face aux nouvelles de l’avancée du M23. Cette situation inquiète la population, qui souhaite se protéger des pillages, comme cela a été le cas à Goma et Bukavu, où de nombreux habitants ont perdu leurs biens précieux.

Le personnel congolais non essentiel de la MONUSCO ainsi que les dépendants sont en train d’être évacués depuis la semaine dernière de Beni versKinshasa.

Les étrangers membres du personnel non essentiel sont évacués par l’aéroport d’Entebbe à Kampala. « On anticipe pour éviter un scénario similaire à Goma », confie une source onusienne.

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