
La persistance de l’insécurité dans la région de Beni est citée parmi les facteurs à la de la hausse du taux de bégaiement chez les enfants. C’est ce que révèle le psychoclinicien, Remacle Kamavu, chercheur à style linguistique et enseignant en faculté de psychologie à l’Université de l’Assomption au Congo, UAC.
A l’occasion de la journée mondiale du bégaiement ce mardi 22 octobre, il souligne que le stress et l’anxiété causés par la violence affectent profondément le développement langagier des enfants. Selon ce chercheur, un environnement instable marqué par l’insécurité économique ou sociale peut altérer le cycle d’adaptation du langage. « Quand on est en difficulté, même celui qui n’est pas bègue peut arriver à bégayer, surtout quand il est en colère. Le fait qu’il y a beaucoup de nos mamans qui conçoivent pendant la guerre, elles mettent au monde pendant la guerre, les enfants là grandissent sans harmonie langagière. Ils n’arrivent pas à bien harmoniser, à bien articuler tellement que le langage est né de la socialisation des enfants. Donc le langage est appris en famille, oui, dans la rue, mais aussi à l’école. Le fait qu’il y a coupures de la scolarisation, par exemple il y a eu grève, le fait que les enfants ne sont plus socialisés avec leurs voisins en fuite et à brousse, il n’y a plus d’apprentissage du langage et avec des chocs, ça provoque directement le bégaiement. C’est-à-dire que le langage est enchainé, harmonisé quand il y a la paix. Chaque être humain est mieux en paix, il parle aisément, il n’est pas perturbé dans son style langagier, il n’est pas perturbé dans sa manière de dire, il parle en état posé. Alors à partir de la conception au troisième mois ou troisième mois compris quand maman vient de concevoir, l’enfant a des impacts autour de l’environnement de sa maman », explique-t-il
Dans ce contexte, il plaide pour améliorer la sécurité sociale et économique de la population de l’Est afin de garantir un meilleur avenir pour les jeunes générations.
Elisha Kindy
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