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RDC : scepticisme après l’élection de la RD Congo au Conseil des Droits de l’homme de l’ONU

L’élection de la République démocratique du Congo au Conseil des Droits de l’homme de l’ONU n’est pas une garantie qu’elle va œuvrer pour la protection et le respect des droits de l’homme. Dans la suite de la polémique suscitée par cette élection, mercredi 9 octobre dernier à Genève, le Chef de travaux Richard Ndekeninge, spécialiste des droits de l’homme et enseignant en faculté de droit à l’Université catholique du Graben (UCG), également doctorant en droit international à l’Université d’Envers en Belgique, reste sceptique quant à la volonté de la RDC de se mettre la pression pour respecter davantage les droits de l’homme.

 

« J’ai suivi la ministre congolaise des droits humains qui disait que le fait de se faire élire au Conseil des droits de l’homme est une pression que la RDC se met pour respecter davantage les droits de l’homme. C’est dans le discours politique. La RDC a été élue il y a quelques années, mais cela n’a pas beaucoup amélioré la situation de protection des droits de l’homme. Elle prend l’engagement de le faire, mais est-ce qu’elle tiendra cet engagement ? Vous et moi, nous suivrons. Mais en tout cas, moi, je ne m’empresse pas à penser que cela va changer quoi que ce soit dans le cadre du respect des droits de l’homme en RDC. »

À la question de savoir si cette élection pourrait permettre à la RDC de reculer dans sa volonté d’appliquer la peine de mort, Richard Ndekeninge répond :

« Je ne suis pas très sûr que cela ait un quelconque effet dans l’application de la peine capitale. Ce n’est pas la seule ni la plus grande violation des droits de l’homme que l’on peut reprocher à l’État congolais. On continue à pratiquer la torture dans certaines maisons de détention. Je ne suis pas très sûr que cela ait un quelconque effet. On le verra bien, mais en tout cas, lorsqu’un État se fait élire au Conseil des droits de l’homme, ce n’est pas pour lui une promesse ou un signe qu’il est exemplaire en matière des droits de l’homme. Je pense que cela serait vendre une mauvaise image de penser qu’on a été élu parce qu’on est un modèle. Non, pas du tout. Il y a des quotas par continent et l’État qui se fait élire doit juste s’engager à améliorer le respect des droits de l’homme sur son territoire, ni plus ni moins », poursuit-il.

Créé en 2006 en remplacement de la Commission des droits de l’homme, le Conseil des droits de l’homme est un organe politique de l’ONU dans le but de renforcer le suivi dans le cadre de la protection universelle des droits de l’homme. Il est constitué de 47 États élus pour un mandat de trois ans en fonction de quotas pour chaque continent. Pour le quota africain, la RDC a été élue pour la deuxième fois depuis 2006.

Jackson SIVULYAMWENGE

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