Sécurité

Nord-Kivu : sanctions contre les dirigeants de l’AFC-M23, risque de fragilisation de la trêve humanitaire au (Chercheur Fréderic Amani)

Les sanctions imposées aux dirigeants du mouvement politico-militaire M23-AFC  les États-Unis pourraient avoir  un impact direct sur la trêve humanitaire dans l’est de la RDC. C’est la crainte de Monsieur Monsieur Frédéric Amani, chercheur en Relations  Internationales de l’Université de Lubumbashi.

Les sanctions décrétées par les Etats Unis contre Corneille Nangaa et ses associés du   pourraient fragiliser la trêve humanitaire décrétée par les États-Unis en province du Nord-Kivu. En mettant une pression supplémentaire sur les dirigeants du M23, il y a un risque que ces derniers réagissent de manière défensive ou agressive, compromettant ainsi la stabilité temporaire obtenue grâce à la trêve, craint Fréderic Amani.

« Ces sanctions sont une sorte de pression que les États-Unis veulent exercer à ces mouvements de rébellion pour des éventuelles négociations, s’il y en aura, mais aussi ces sanctions sont un signal que les États-Unis veulent envoyer au gouvernement congolais pour montrer qu’ils sont à leur côté. Parce que depuis un temps, il y avait, si on peut le dire ainsi, une sorte de méfiance de la RDC vis-à-vis de ses partenaires pour le fait que les partenaires de la RDC n’apportaient pas le soutien dont la RDC avait besoin face à cette instabilité, face à cette insécurité. La crainte, c’est qu’en sanctionnant les leaders de ces mouvements rebelles alors que ce sont les mêmes États-Unis qui sont l’initiateur de la trêve humanitaire, les leaders du M23 ou de l’AFC risquent de boycotter ou de saboter la trêve humanitaire et ça donnera encore lieu aux hostilités. Je crois qu’on risque de revenir à la case de départ. »

Fréderic Amani reconnait au même moment qu’il parait absurde de sanctionner Nangaa et ses proches au lieu de cibler directement les régimes de Kigali et Kampala cités par des rapports d’experts des Nations unies comme soutiens du M23.

 

Pour rappel, dans un communiqué diffusé jeudi 25 juillet, les États-Unis d’Amérique annoncent avoir pris des sanctions contre Corneille Nangaa, leader de l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et certains de ses associées. Sur la liste des personnes et groupes sanctionnés figurent « Bertrand Bisimwa, Twirwaneho, un groupe armé allié à l’AFC dans la province du Sud-Kivu, et Charles Sematama, un commandant et chef militaire adjoint de Twirwaneho ». Ces nouvelles sanctions américaines sont annoncées alors que le procès contre lui et compagnie se déroule à la cour militaire de Kinshasa. Ils sont jugés, par contumace, pour crimes de guerre, participation à un mouvement insurrectionnel et trahison dans la partie Est de la RDC.

 

Georges Kisando Sokomeka  

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