
Bien connue à Butembo pour son militantisme en faveur de la paix et de la bonne gouvernance, Rose Tuombeane condamne la poursuite des massacres de civils au Nord-Kivu et en Ituri.
Lors d’un point de presse consacré à la situation sécuritaire et politique en RDC, tenu ce jeudi 4 juin à l’Hôtel Butembo, elle a dénoncé une communication de l’armée qui tendrait à justifier les attaques contre les civils, faisant allusion aux explications du porte-parole des opérations Sokola 1, selon lesquelles les récentes attaques des rebelles ADF seraient des actes de représailles.
« Nous décourageons les discours qui tendent à justifier l’incapacité de protection des civils à travers les explications telles que : « il s’agit de représailles, c’était une attaque de vengeance ou c’était une réaction à une opération militaire ». Pour les populations civiles, ces explications ne changent rien à leur douleur et à la douleur de leurs familles », a- t-elle affirmé.

Pour Rose Tuombeane, les populations attendent avant tout une protection efficace de la part de l’État.
« Ce que les populations attendent est simple, que rien ne leur arrive, parce que c’est ça le devoir de l’État. Nous rappelons que la mission première des services de sécurité est d’empêcher des tragédies avant qu’elles ne se produisent », rappelle- t-elle, saluant néanmoins les efforts qui ont permis l’arrestation et la neutralisation de certains éléments ADF.
A ce sujet, elle plaide pour la vérité concernant le sort des combattants capturés lors des opérations militaires.
« Nous rappelons que les familles des victimes ont droit à la vérité. Elles entendent des informations sur le sort de leurs proches pris en otage, mais aussi sur le sort de ceux qui ont causé la vie dans laquelle elles se trouvent aujourd’hui ».
Rose Tuombeane exprime également son inquiétude face à l’expansion du M23 dans certaines zones du Nord-Kivu, évoquant la mise en place de structures administratives parallèles. Elle met en garde contre toute tentative de normalisation de cette situation à l’Est du pays.
Révision constitutionnelle : « elle peut être révisée même demain, mais une vie perdue aujourd’hui est irréparable »
Au chapitre politique, la militante pour la paix ne s’est pas empêchée de se lancer dans débat sur la révision ou la modification de la constitution. Pour elle, ce débat est inopportun, dans un contexte marqué par la poursuite des tueries de civils dans l’Est du pays.
« La constitution peut être révisée même demain, mais une vie perdue aujourd’hui est irréparable. C’est pourquoi nous pensons que cela n’est pas important, mais que toute l’attention nationale devrait être orientée vers la sécurité, l’éradication des massacres et la sécurité de notre pays », a- t-elle poursuivi.
Rose Tuombeane quitte l’AFDC-A et réaffirme son engagement pour la défense des civils
Enfin, Rose Kahambu Tuombeane a annoncé son départ du parti politique Alliance des Forces Démocratiques du Congo et Alliés (AFDC-A), formation politique du professeur Bahati Lukwebo.
« Après réflexion, j’ai décidé de me retirer du parti politique AFDC-A et de mettre fin à mon engagement politique au sein de cette formation. Il s’agit d’un choix personnel, mûri et assumé, qui n’altère en rien le sujet central de cette conférence de presse », justifie la militante, réaffirmant sa détermination à continuer à défendre les causes de la population en toute indépendance.
« Ce choix s’inscrit dans la continuité de ma passion pour la défense des populations civiles. Une mission qui exige parfois l’indépendance, de la liberté de parole et une autonomie d’analyse, afin de mieux porter les voix de ceux qui ne sont pas entendus », conclue Rose Tuombeane.
Jackson Sivulyamwenge
Partager:



