Le pillage d’or et de coltan de RDC par le M23 et le Rwanda pourrait constituer un crime de guerre ( Amnesty International)
Des violations graves des droits humains seraient commises dans plusieurs sites miniers de l’est de la République démocratique du Congo par des combattants du Mouvement du 23 mars, le M23, groupe armé soutenu par le Rwanda. C’est ce que révèle une nouvelle synthèse d’Amnesty International publié le 20 septembre dernier et consulté par La Voix de l’UCG ce jeudi. Cette synthèse est consacrée aux activités du groupe rebelle dans les mines artisanales de Rubaya, au Nord-Kivu, et de Lomera, au Sud-Kivu.
Selon l’organisation, des mineurs artisanaux ont été victimes d’exécutions sommaires, de tortures, de détentions arbitraires, mais aussi de travail et de recrutement forcés. Certains auraient été contraints de travailler sous terre pendant plus d’une semaine sans interruption. Amnesty International affirme avoir recueilli des informations sur la mort de 18 mineurs. Dix auraient été battus à mort, deux tués par balle et six autres enlevés avant d’être retrouvés morts.
L’organisation rapporte également des témoignages faisant état de passages à tabac particulièrement violents. Des mineurs auraient été frappés lorsqu’ils demandaient une pause, refusaient de remettre leur minerai ou ne respectaient pas les ordres des combattants. À Rubaya, plusieurs personnes auraient aussi été enfermées dans des conteneurs ou dans des cellules souterraines, où elles auraient subi des violences.
Amnesty International affirme par ailleurs que les mines constituent des sources de revenus et de contrôle pour le M23. Le groupe aurait recours aux menaces et aux détentions pour contraindre certains mineurs à travailler ou à rejoindre ses rangs.
L’autre volet de l’enquête concerne le trafic de minerais. L’organisation affirme avoir recueilli des éléments montrant que de l’or et du coltan provenant de zones contrôlées par le M23 sont acheminés clandestinement vers le Rwanda. À Lomera, des sacs contenant de la terre aurifère seraient notamment transportés par bateau jusqu’au Rwanda, où ils seraient récupérés par des négociants.
Amnesty International estime que l’appropriation de ces ressources pourrait constituer un pillage, considéré comme un crime de guerre. L’organisation met également en cause la responsabilité potentielle de responsables rwandais, tout en soulignant que le M23 et les autorités du Rwanda n’ont pas répondu à ses demandes de commentaires.
Face à ces accusations, Amnesty appelle les États et les entreprises à renforcer les contrôles sur l’origine de l’or et du coltan commercialisés depuis le Rwanda. L’organisation demande notamment de suspendre les achats provenant de ce pays tant que des garanties concrètes ne permettront pas d’établir que ces minerais ne sont plus issus illégalement des zones de conflit en RDC. Elle réclame enfin un accès libre et indépendant aux sites miniers afin que les atteintes aux droits humains puissent être documentées et que les responsables présumés puissent répondre de leurs actes.
Elisha kindy
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