Politique

Frédéric Amani sur la situation de la RDC à l’EAC : « Une politique de la chaise vide ne suffit pas »

Le boycott de la présidence tournante de l’EAC par le président Félix Tshisekedi ne suffit pas pour que la RDC ait gain de cause dans la situation de guerre qu’elle subit de la part du Rwanda et de l’Ouganda, deux États membres de cette organisation sous-régionale. C’est le point de vue du chercheur en relations internationales Frédéric Amani. Selon lui, la RDC doit envisager de quitter cette communauté.

Selon cet analyste, le boycott de cette présidence par Félix Tshisekedi est un signe d’indignation de la RDC face au silence de l’East African Community dans la guerre que deux États membres (Rwanda et Ouganda) l’imposent à travers le M23. Pour lui, cela représente une politique de la chaise vide qui, malheureusement, ne fonctionne pas dans les organisations internationales et fait que la RDC doit subir les résolutions des autres États membres.

« Le boycott du président Félix, c’est pour montrer son mécontentement par rapport à cette organisation à laquelle tous ces États appartiennent et qui n’a pas condamné le Rwanda et l’Ouganda, mais aussi n’a pas exigé le retrait de ses troupes, le retrait des troupes rwandaises et ougandaises sur le sol congolais par rapport au soutien qu’ils apportent au M23. Un autre élément, je pense que le boycott du président Félix, de prendre la présidence tournante de l’EAC, c’est une politique qu’on peut dire, une politique de la chaise vide. Malheureusement, cette politique au sein des organisations internationales ne paye pas dans la mesure où la logique des organisations internationales est celle-ci. Lorsque vous voulez intégrer ou vous intégrer à une organisation internationale, c’est soit pour y jouer un rôle influent ou soit influencer le cours des choses. Lorsque vous n’êtes pas en mesure de jouer un rôle important ou influent au sein de cette organisation, vous subissez alors l’influence des autres acteurs et c’est ce qui est le cas malheureusement pour nous. Il est plus qu’important aujourd’hui que la RDC quitte cette organisation », a-t-il expliqué.

En défaut du retrait de la RDC, Frédéric Amani insiste pour que ces pays invitent le Rwanda et l’Ouganda au retrait de leurs troupes sur le sol congolais. Rappelons que le samedi 30 novembre, les chefs d’État d’Afrique de l’Est étaient réunis à Arusha, en Tanzanie, pour le sommet de l’EAC. Un sommet particulier organisé pour célébrer les 50 ans de l’organisation régionale, mais avec une absence de taille : le président congolais Félix Tshisekedi. D’ailleurs, la RDC n’avait pas envoyé de représentant alors que la situation dans l’est du pays était au menu des discussions.

 Ismaël Kabuyaya.

Partager:

Articles connexes

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page