Beni : la population salue le reboisement des abords de la rivière Lubiriha pour protéger la limite entre la RDC et l’Ouganda

Reboiser les abords de la rivière Lubiriha, limite naturelle entre la République démocratique du Congo et l’Ouganda, cette initiative communautaire lancée depuis le lundi 5 août dernier bénéficie de l’adhésion massive de la population de Kasindi-Lubiriha, poste frontalier situé à l’Est du territoire de Beni.
L’initiative consiste au reboisement des abords de la rivière côté congolais pour faire face aux érosions qui sont en voie de déplacer le lit de la rivière menaçant ainsi la partie congolaise, explique Ehuta Omeonga Charles, administrateur du territoire de Beni.
« Vous voyez vous-même, il y a les bambous, il y a les pépinières et les eucalyptus, tout ça. Bientôt là, on va voir s’il y a un problème de sable, on va creuser dans la rivière et non déplacer la frontière avec la rivière, puisque ça c’est naturel », explique-t-il.
Environ 150 mètres, c’est la distance sur laquelle l’eau de la rivière s’est déjà déplacée en direction de la République démocratique du Congo, a constaté Kombi Pendani Bosco, député national auteur de cette initiative.
« C’est l’amour de mon pays qui m’a motivé, parce que quand j’avais fait la descente ici, je vis qu’il y avait déjà 150 mètres qui devaient être occupés par nos voisins ougandais. C’est pourquoi on s’est donné ce courage et cette volonté de pouvoir un peu piloter ce projet de reboisement ».
Lancée le lundi dernier en présence de certains membres de la notabilité locale, l’initiative est saluée par de nombreux acteurs locaux de Kasindi-Lubiriha.
« Je crois que tout ce que nous pouvons faire c’est mobiliser la jeunesse pour venir planter ici les bambous. Puisque nous avions constaté tous ensemble que si vraiment nous ne faisons pas cela, notre frontière va se déplacer. Nous sommes contents parce que nous nous retrouvons devant un politicien qui a initié une bonne chose et il est parmi les rares », soutiennent deux hommes présents à la cérémonie de lancement de ce projet.
« De notre part, nous comme femmes, nous voulons faire chaque fois les entretiens, au moins deux fois par semaine pour cercler ces arbres là », ajoute une femme.
Au mois de mai 2020, les eaux de la rivière Lubiriha avaient débordé de part et d’autre de la frontière Congolo-ougandaise à partir du groupement Basongora, secteur Ruwenzori dans le territoire de Beni. Plusieurs personnes emportées par les eaux avaient perdu la vie et d’importes pertes matérielles enregistrées.
Jackson SIVULYAMWENGE
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