RDC: révision constitutionnelle, Judith Verweijen questionne les motivations du pouvoir

Le débat autour du changement de la Constitution, un projet envisagé par le régime politique en place, suscite des critiques et controverses parmi les analystes et experts des questions politiques en RDC. Pour Judith Verweijen, professeure à l’Université d’Utrecht, aux Pays-Bas, et spécialiste des questions politiques et sécuritaires de la RDC, il est impérieux de s’interroger sur les motivations de ce projet, son cadre juridique ainsi que la méthodologie envisagée.
Dans une interview accordée à La Voix de l’UCG, la chercheuse néerlandaise estime qu’au vu de la situation socio-sécuritaire qui prévaut en République démocratique du Congo, aucune raison fondée n’a été avancée par les initiateurs du projet de changement de la Constitution.
« Depuis plusieurs années, la question du changement de la Constitution s’est invitée dans le débat public. En principe, il y a des discussions autour, mais il ne semble pas qu’il existe une raison valablement fondée pour envisager ce changement. Il reste à savoir sur quelle base politique ou juridique on veut maintenant modifier la Constitution », s’interroge-t-elle.
Pour l’opposition congolaise, l’intention est claire : le régime du président Tshisekedi préparerait un glissement vers un troisième mandat, jugé anticonstitutionnel. Cette présomption semble se renforcer. Dans le camp gouvernemental, le mot troisième mandat est de plus en plus assumé.
La chercheuse insiste sur le fait que cette question ne doit pas être prise à la légère :
« Cela mérite une analyse approfondie : quelles sont les justifications avancées ? Pourquoi maintenant ? Le processus respectera-t-il les principes démocratiques ? La population aura-t-elle l’occasion de voter ou non ? Il y a donc de nombreux paramètres à examiner autour de cette question », propose-t-elle.
« Notre Constitution n’est pas bonne », a déclaré Félix Tshisekedi, président de la République, en visite à Kisangani le mercredi 23 octobre 2024. « Elle a été élaborée à l’étranger et par des étrangers », a-t-il poursuivi. Selon le chef de l’État, il est nécessaire de doter le pays d’un texte adapté aux réalités congolaises.
Elisha Kindy
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