Après un an de gestion du général-major Evariste KakuleSomo à la tête de la province du Nord-Kivu, l’heure est au bilan. Pour le mouvement citoyen Lutte pour le changement (LUCHA), le bilan reste mitigé, voire négatif. Ce constat s’appuie sur la comptabilisation de 103 attaques des terroristes des Forces démocratiques alliées (ADF) à Beni-Lubero et plus de 90 civils tués uniquement à Butembo depuis son accession à cette fonction. Tout en fustigeant l’arrêt des travaux de plusieurs chantiers à Butembo et Lubero, la LUCHA appelle le gouverneur à plus d’efforts pour la sécurisation des civils et dans le secteur du développement.
En prenant le bâton de commandement de la province du Nord-Kivu, le général-major Evariste Kakule Somo avait placé son action sur trois axes prioritaires : la sécurité, le développement et l’action humanitaire.
Évaluant son action en ce qui concerne de la sécurité, la LUCHA estime que le gouverneur n’a cessé de montrer ses limites au vu des massacres de civils qui ne font que se multiplier en territoires de Beni et Lubero. Le mouvement citoyen parle de 103 attaques ADF dans ces deux territoires et de plus de 90 civils tués en ville de Butembo.
« Le bilan de Somo à la tête de notre province est très négatif. En une année, nous avons pu comptabiliser 103 attaques ADF, à commencer par le territoire de Beni jusque dans le secteur de Bapere où les gens sont en train d’être tués chaque jour. Partant des villes de Beni et Butembo, il y a plusieurs cas d’assassinats. À Butembo seulement, on a comptabilisé plus de 90 personnes qui ont été tuées. Entre à Beni, plusieurs cas aussi ont été enregistrés », décrit Jean-Pierre Kasma, militant actif de la LUCHA/section de Butembo.
Sur le plan humanitaire, les vagues de déplacés dues aux attaques ADF n’ont pas été suivies d’une quelconque action humanitaire de la part du gouverneur, ajoute encore la LUCHA qui fait état de plusieurs sinistrés et déplacés de guerre presque partout en province.
« Nous avons beaucoup de déplacés. Quelle assistance le gouvernement provincial a déjà apportée à ces déplacés ? » S’interroge-t-il.
Dans le secteur du développement, des projets de réhabilitation des routes et de construction de ponts ont été lancés à Beni, Butembo et Lubero, mais ne jamais achevés. Pour le mouvement citoyen, la population a besoin d’une réponse appropriée à la crise sécuritaire et humanitaire qui secoue la province.
« Le gouverneur a lancé des projets de 100 ponts et de réhabilitation de plusieurs axes routiers, mais aujourd’hui rien n’évolue. À Butembo comme à Lubero, tous les projets sont aux arrêts. Nous pouvons lui recommander de pouvoir écouter le cri de la population. La population a ses priorités. En plaçant Eva Somo à la tête de la province, on a pensé que finalement nous aurons la paix parce que nous avons non seulement un fils du terroir, mais aussi nous avons un soldat bien formé, un soldat censé combattre pour nous ramener la paix. Et donc le gouverneur doit écouter le cri de la population. La population a besoin de la paix, la population a besoin du vrai développement et d’un développement endogène. Et la population victime de cette insécurité a besoin d’une assistance, d’une réponse appropriée », a-t-il recommandé.
D’après une source au cabinet du gouverneur militaire, les projets les travaux ont été lancés le général-major Évariste Somo se poursuivent normalement. Il en est de même pour ceux lancés par son prédécesseur, le feu Peter Cirimwami.
Pour illustrer ces propos, il cite les travaux de bitumage de certaines rues à Beni et la poursuite de travaux de réhabilitation des routes de desserte agricole dans chaque territoire du Nord-Kivu encore sous son contrôle.
Glodi Mirembe
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