Butembo : Me Sekera conteste le coût, l’OVD justifie l’asphaltage du boulevard Nyamwisi Muvingi

Dans une lettre ouverte au gouverneur du Nord-Kivu, Me Sekera Kasereka Kivasuvuwamo exprime sa reconnaissance pour les actions engagées depuis sa prise de fonction, tout en s’inquiétant du budget prévu pour l’asphaltage du boulevard Nyamwisi Muvingi Enoch à Butembo.
Il salue la réaffectation des frais de péage à l’amélioration des voiries urbaines, le projet de 100 ponts à Butembo et Beni, ainsi que la volonté de dialogue avec les acteurs locaux. Mais il juge le coût annoncé par l’Office des Voiries et Drainage (OVD) – 7 514 884 dollars pour 3 km, soit 2,5 millions USD par kilomètre – largement supérieur aux standards habituels.
Pour comparaison, les travaux du boulevard Julien Paluku Kahongya (ex-rue Kinshasa) avaient été réalisés pour environ 650 000 USD/km. Plus de seize mois après le lancement officiel par l’ex-vice-gouverneur Remy Ekuka, aucun bitume n’est visible sur le tronçon « La Concorde – Rughenda », et aucune explication n’a été donnée au public sur ce retard.
« L’OVD avait présenté un budget indiquant qu’un kilomètre coûterait plus de 2,5 millions de dollars, ce qui n’est pas normal. Pour comparaison, sur d’autres rues, le coût au kilomètre était de 650 000 dollars. Actuellement, le standard international se situe entre 500 000 dollars et environ 3 millions par kilomètre. Mais pour atteindre ces 3 millions, il faut qu’il s’agisse d’autoroutes, d’ouvrages d’envergure ou de la construction de grands ponts — ce qui n’est pas le cas pour le boulevard Nyamwisi », souligne Me Sekera.
Il recommande :
- Une contre-expertise indépendante pour réévaluer le coût réel du projet ;
- La réaffectation d’un éventuel surplus à d’autres tronçons prioritaires ;
- Un contrôle renforcé sur l’utilisation des fonds et la qualité des travaux.
De son côté, le directeur provincial de l’OVD Nord-Kivu, Timothée Soumaili, maître d’œuvre et contrôleur technique du chantier, justifie ce montant par la complexité du tracé et le relief particulier du tronçon à asphalter.
« Un kilomètre de route en zone urbaine avec 9 mètres de largeur, des caniveaux des deux côtés, plus de 500 mètres de murs de soutènement et l’élargissement des ponts ne peut être comparé à une simple route de 6 ou 7 mètres. Le coût est proportionnel aux exigences techniques », explique-t-il.
Me Sekera conclut en appelant à une gestion transparente et rigoureuse des ressources publiques afin d’en maximiser l’impact pour la population.
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