Butembo-Beni : la ferme école Nino Baglieri de Bingo s’engage dans une activité de reboisement durable centrée sur les espèces d’arbres agroforestiers et la culture du cacaoyer

Suite à la pression croissante que subit le Parc National des Virunga (PNVi) en territoire de Beni, dans la province du Nord-Kivu (RD Congo), la Ferme Ecole Nino Baglieri de Bingo, une structure agro-pastorale du Diocèse de Butembo-Beni, s’engage désormais dans une activité de reboisement centrée sur les espèces d’arbres agroforestiers et la culture de cacaoyer.
C’est sur une superficie d’environ 90 hectares, dans la concession de la Ferme-Ecole Nino Baglieri de Bingo, située dans le territoire de Beni, en province du Nord-Kivu (RD Congo), que cette initiative a pris forme.

Réalisée dans le cadre du Projet Clima Virunga qu’exécuteVirunga Mazingira, un des Départements duParc National des Virunga (PNVi/ICCN Nord-Kivu), cette activité de reboisement est appuyée techniquement par le Jardin Botanique de Meise (Belgique) et financièrement par la Région flamande de Belgique. L’exécution de ce projet de reforestation repose sur la plantation de 28 000 espèces d’arbres agroforestiers et8 000 jeunes plantules de cacaoyer.

Le choix du cacaoyer n’est pas anodin : il s’agit d’une culture pérenne en plein essor économique actuellement dans la région de Beni, en raison de contribuer à la restauration écologique des écosystèmes forestiers et à l’amélioration du revenu financier des ménages des agriculteurs locaux, explique le Prof. Dr. Ir. Abbé Norbert K. Ndavaro, Enseignant-Chercheur à la Faculté des Sciences Agronomiques de l’Université Catholique du Graben de Butembo (UCG).

« Le cacaoyer est une culture qui a non seulement des vertus écologiques, mais aussi socio-économiques extraordinaires. Du point de vue écologique, le cacaoyer, comme toute espèce d’arbre, aide à séquestrer le dioxyde de carbone (CO2), afin d’atténuer le réchauffement climatique. Du point de vue socio-économique, le cacaoyer est une bonne affaire. En consultant les mercuriales des prix des produits agricoles exportés par la RDCongo pour la période du 05 au 10 mai 2025, la tendance du prix actuel du cacao est haussière. Ce prix varie entre 8,42 et 8,65 dollars américains le kilogramme », explique-t-il.
Une initiative porteuse d’espoirs
Cette initiative est salutaire pour les communautés riveraines du Parc National des Virunga (PNVi) qui sont en première ligne dans la mise en œuvre dudit projet. Muhindo Tsongo Janvier, père de famille et cultivateur en zone de Beni, en témoigne en ces termes.

« Nous accueillons en bras ouverts ce bon projet qui vise le reboisement de notre région déjà dévastée par une forte pression anthropique qui s’exerce sur les forêts naturelles du Parc National des Virunga. Cette situation a provoqué des perturbations climatiques qui ont sensiblement modifié le calendrier agricole de la région de Beni », explique-t-il.
Pour cet autre agriculteur, Onyane Samuel, père de famille et bénéficiaire des services de la Ferme Ecole Nino Baglieri de Bingo, une vingtaine,
« Le reboisement de la région de Beni par le Cacaoyer est une initiative qui relève aussi l’économie locale d’autant plus que cette culture fait son temps sur le marché mondiale », et de poursuivre « avec le cacaoyer, je suis en mesure de scolariser mes enfants et de subvenir aux besoins de ma famille. Personnellement, je soutiens le projet et c’est la raison de ma présence ici dans la concession de la Ferme Ecole Nino Baglieri de Bingo », précise-t-il.
Ndovya Makasi, notable de la place, lui s’assigne la tâche de sensibiliser les communautés locales sur la nécessité de protéger l’environnement en plantant les arbres :
« Grâce à cette initiative, je vais rencontrer d’autres agriculteurs de la région et je vais leur parler de son importance. Je vais les exhorter àplanter les arbres pour protéger nos forêts naturelles du Parc National des Virunga, le premier-né des Aires Protégées d’Afrique, qui fait la fierté de notre pays, la RD Congo », a-t-il promis.
Elisha Kindy
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