Crise dans l’est de la RDC : Et si le M23 refusait le dialogue ?

Alors que la délégation du gouvernement congolais et celle du M23 sont sensées se retrouver le 18 mars à Luanda, aucune partie n’a encore confirmé sa participation à ce dialogue direct annoncé par le président angolais Joao Lourenço.
De l’analyse du politologue Papy Kasereka, analyste politique basé à Beni joint au téléphone par La Voix de l’UCG, au regard des rapports de force sur le terrain, il est possible que le M23 rejette la main tendue de Kinshasa.
Est-ce que l’appel lancé au M23 va trouver une oreille attentive ? Parce que c’est vrai qu’on a lancé l’appel, mais il reste à savoir est-ce que le M23, dans la phase actuelle par rapport à l’évolution actuelle du contexte, est prenable par rapport à cet appel. Parce que nous savons que lorsqu’un groupe armé se trouve dans une position où ils sont en train d’avancer, il est souvent difficile pour eux d’accepter des négociations. Parce qu’ils sont dans une position où ils commencent à rêver des histoires et ça fait en sorte que souvent les groupes armés n’acceptent pas des négociations dans cette phase-là », fait-il observer.
Le possible scénario de 1997

L’analyste rappelle, pour ce faire, le scénario de février 1997 lorsque le président Mobutu Seseseko avait tenté sans succès de négocier avec Laurent-Désiré Kabila sous la médiation de Nelson Mandela de l’Afrique du Sud.
« Rappelez-vous, lorsque Mobutu était en train de négocier avec Mzée Kabila, qui était aussi à son tour accompagné par Kagame, dans ce processus-là, le processus lancé par l’Afrique du Sud, nous avons vu effectivement Mzée Kabila qui regardait le plafond lorsque Mobutu lui racontait des histoires pour mettre fin à la guerre. Donc les rebelles, d’une manière générale, quand ils sont dans une position entre guillemets de force, n’acceptent pas souvent des négociations parce qu’ils rêvent. Ils commencent à rêver la prise du pouvoir », rappelle Papy Kasereka.
Kinshasa et M23, la prudence est de mise
Bien que le M23 ne s’est encore officiellement exprimé, son Président Bertrand Bisimwa, également coordonnateur adjoint de l’Alliance Fleuve Congo, a réitéré qu’ils ont toujours été ouverts à la table de négociations, « seule option civilisée pour régler cette crise.
D’après un observateur, Corneille Nanga pourrait poser certains préalables avant toute participation à ces discussions : un abandon de poursuites judiciaires contre lui et ses autres collaborateurs, une garantie de sécurité et une définition claire de l’agenda de négociations.
A Kinshasa, on reste prudent. S’exprimant à l’agence de presse Reuters, la porte-parole du président congolais, Tina Salama a déclaré que le gouvernement congolais avait reçu une invitation de l’Angola, mais n’a pas confirmé sa participation.
Partager:



