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Nord-Kivu : la FOPAC envisage d’élaborer des notes de plaidoyer pour l’application correcte du régime fiscal du secteur agricole  

Dans le but d’amener le gouvernement provincial à veiller à l’application correcte du régime fiscal du secteur agricole au Nord-Kivu, la Fédération des Organisations des Producteurs Agricoles du Congo (FOPAC)  procède à partir de  ce vendredi 13 décembre à la consultation des acteurs locaux de Lubero et Butembo sur la fiscalité et la parafiscalité agricole.

Cette activité de plaidoyer tenue dans la salle de réunion des Sœurs Orantes de l’Assomption de Kasongomi réunie les responsables des organisations paysannes, les délégués des coopératives intervenants dans  l’écoulement et la commercialisation et la transformation des produits agricoles ainsi que responsables des services étatiques d’assiette du secteur agricole. Selon Annette Kanyere, chargée de plaidoyer à la FOPAC Nord-Kivu, ces acteurs sont consultés afin de décrire tout ce qu’ils subissent comme tracasserie dans la chaine de valeur des produits agricoles.

« C’est depuis un moment donné que nous recevons des plaintes par rapport aux opérateurs agricoles qui interviennent dans la production, la commercialisation, la transformation par rapport au poids fiscal. Donc, c’est dit qu’il y a une surtaxation dans le domaine agricole.  Mais à part ça, il y a aussi des perceptions qui sont illégales,  des tracasseries qui se passent surtout au niveau des barrières,  au niveau des carrefours de la police de roulage. Alors, à partir de ces plaintes-là, on s’est dit qu’il faut qu’on initie quand même des actions de plaidoyer pour voir s’il est possible d’alléger ce poids fiscal et surtout de mettre fin à ces tracasseries », a-t-il motivé la démarche.  

 

Un atelier qui suscite de l’espoir parmi les opérateurs agricoles

A l’issue de ces consultations qui seront étendues sur toute la province, la FOPAC envisage d’élaborer des notes de plaidoyer à soumettre aux autorités, chacune à son niveau, dans le but de les amener à veiller à l’application correcte du régime fiscal du secteur agricole.

Parmi les participants à cette activité,  le président de la Coopérative de Dépositaires et d’Ecoulement des Produits Vivriers (COODEPROVI), Katembo Kasay Matsatsa espère que ce plaidoyer apportera  du changement.

« On a tout révélé comme défis à propos de ce que nous subissons,  par exemple au niveau de la DGR/N-K et autres taxes fictives qui ne sont même pas légales.  En tout cas, nous avons essayé de tout relever et nous espérons qu’il y aura quand même une suite favorable sur la baisse ou bien la diminution des taxes au niveau des produits agricoles. Avec leur plaidoyer, ils peuvent arriver à attirer l’attention des responsables et des décideurs pour effectivement élaguer certaines taxes illégales dans la chaîne de valeur des produits alimentaires», souhaite-t-il.

Cité parmi les services qui s’illustrent dans la tracasserie, le service de l’environnement représenté par l’inspecteur urbain Kawa Vunoka Charles, chargé du contrôle et de la vérification, rejette les accusations, mais il reconnait que ses collègues d’autres services trempent dans cette pratique.

« Effectivement, c’est un fait.  On l’a aussi constaté, parce qu’on parle de taxes ANR, CNPRI ou TD, je ne sais pas si l’ANR ou le TD peuvent intervenir dans la chaîne de production  d’une pomme de terre ou bien des haricots ou encore des cossettes de manioc, je ne sais pas en tout cas », a-t-il reconnu.

Après Butembo, l’équipe de la FOPAC N-K va se rendre à Beni pour la même activité avant de l’étendre sur le petit Nord. Notons que ces consultations sont réalisées dans le cadre du Projet d’Appui au Secteur Agricole au Nord-Kivu avec le financement de la FIDA.      

Jackson SIVULYAMWENGE  

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