SantéSocieté

Ebola au Nord-Kivu : le CTE  Katwa désormais opérationnel

Le centre traitement d’Ebola (CTE) est désormais opérationnel en zone de santé de Katwa, au Sud-Est de la ville de Butembo au Nord-Kivu. D’une capacité d’accueil de 10 lits pour les cas confirmés  et 10 autres lits pour les cas suspects, son ouverture marque une étape essentielle dans la riposte contre cette épidémie dans une zone de santé considérée comme épicentre de la maladie en province au Nord-Kivu.

Avec 8 décès sur les 11 cas confirmés enregistrés à la date du dimanche 7 juin, Katwa est la zone de santé qui a recensé le plus grand nombre de cas depuis le début de cette épidémie au Nord-Kivu. À travers la mise en place du CTE, l’ONG MEDAIR, partenaire non étatique qui en assurera la gestion, espère contribuer, aux côtés de l’ensemble de la communauté, à l’éradication de cette maladie.

« À travers cet ouvrage et les efforts de tous, nous comptons atteindre pleinement les résultats escomptés pour le bien-être collectif, notamment mettre fin dans les meilleurs délais à la maladie à virus Ebola ainsi qu’à d’autres épidémies dans nos communautés », a déclaré Rajaonari Velo, représentante de l’ONG, lors de cette cérémonie.

Une nouvelle étape dans la riposte contre l’épidémie

Pour le chef de la Division provinciale de la santé au Nord-Kivu, le Dr Gaston Lubambo, l’ouverture du Centre de traitement d’Ebola à Katwa marque le début d’une prise en charge holistique des malades, l’un des piliers essentiels de la riposte contre Ebola. Il insiste sur l’importance d’une prise en charge précoce afin d’inverser la tendance.

« Une fois que la prise en charge est assurée précocement, nous avons réellement la possibilité d’obtenir rapidement la guérison du patient, et le taux de guérison est presque assuré », a-t-il indiqué.

Au nom du gouvernement provincial du Nord-Kivu, Prisca Kamala Luanda, coordonnatrice provinciale principale chargée de la santé, a procédé à la coupure du ruban symbolique, tout en invitant la communauté à ne pas douter de l’existence de cette maladie virale.

« Nous appelons la communauté à accepter cette réalité, car beaucoup de personnes pensent encore que cette épidémie est une invention et qu’elle n’existe pas. Vous avez suivi le témoignage d’Alphonse, qui a été guéri. Il a expliqué comment il se sentait lorsqu’il était malade. Aujourd’hui, il est guéri et réintègre sa communauté. Cela démontre que ce centre, réhabilité aujourd’hui, est mis en place dans l’intérêt de notre communauté. »

De son côté, le président de la coordination urbaine de la société civile de Butembo, Mathe Saanane, tout en saluant les efforts des autorités et des partenaires engagés dans la lutte contre Ebola, a plaidé pour l’installation d’un laboratoire à Beni ou à Butembo afin de permettre une détection rapide des cas.

« Cela permettra d’effectuer rapidement les prélèvements et de connaître sans délai le statut des malades suspects ou des décès suspects. Lorsqu’il faut attendre les résultats pendant une ou deux semaines, cela pose un véritable problème. Peut-on attendre un mois avant d’inhumer une personne ? », s’est-il interrogé.

Nord-Kivu: 29 cas confirmés déjà enregistrés

Au total, sept zones de santé du Nord-Kivu sont déjà touchées par cette maladie : 11 cas à Katwa, 4 cas à Butembo, 7 cas à Beni, 2 cas à Oicha, 1 cas à Kalunguta, 1 cas à Kyondo et 1 cas à Goma.

Le cumul s’élève à 29 cas confirmés répartis dans 15 aires de santé, dont 7 cas actifs actuellement pris en charge. Selon les autorités, l’ensemble des cas confirmés a également généré 625 contacts à risque. Ces derniers doivent faire l’objet d’un suivi rapproché afin de s’assurer qu’ils ne développent pas de signes de la maladie.

« Dès l’apparition des symptômes, le contact devra être rapidement orienté vers la structure sanitaire la plus proche », conseille l’autorité sanitaire du Nord-Kivu.

Partager:

Articles connexes

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page