Nord-Kivu : « pas de référendum sans sécurité », Me Achille Kapanga alerte sur l’impréparation de l’Est

La proposition de loi portant organisation d’un référendum pour un éventuel changement de la Constitution a franchi une première étape à l’Assemblée nationale. Au cours de la plénière du mercredi 27 mai 2026, la proposition a été jugée recevable, sans les députés de l’opposition parlementaire, le groupe parlementaire Ensemble pour la République ayant boycotté la séance.
Dans l’opinion, cette initiative suscite déjà de nombreuses réactions, particulièrement dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Me Achille Kapanga, notable du Nord-Kivu et ancien maire de Beni, estime que les populations de cette région ne sont pas prêtes à participer à un tel processus démocratique. Il évoque notamment l’insécurité persistante, la menace d’Ebola et la crise liée au M23 comme principaux obstacles.
« Avec tout ce que nous avons comme problèmes : l’insécurité au Nord-Kivu, Ebola, la question du M23… Comment pourrons-nous aller au référendum dans de telles conditions ? N’y a- t-il pas moyen de réfléchir d’abord à la manière de nous mettre dans des conditions minimales avant d’envisager un référendum ? », s’est-il interrogé, dénonçant l’impréparation.
Pour lui, le peuple qui doit participer à ce processus doit être préparé.
« À mon avis, surtout dans cette partie Est du pays, la population n’est pas prête », fait observer Achille Kapanga.
Selon lui, les autorités devraient d’abord se concentrer sur le rétablissement de la paix et l’amélioration des conditions de vie avant d’engager une réforme constitutionnelle. Il craint également que les citoyens soient appelés à se prononcer sans une compréhension suffisante des enjeux du référendum.
Cette prise de position intervient alors que l’opposition congolaise annonce des manifestations et des journées « ville morte » à partir du 3 juin 2026 pour protester contre le projet de changement de la Constitution.
Jackson Sivulyamwenge
Partager:



