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Nord-Kivu : persistance de pluies à Butembo, un spécialiste en climato-risque explique les facteurs

La ville de Butembo, au Nord-Kivu, a connu une persistance pluviale depuis février 2026. De fortes pluies se sont abattues pendant de plus de six jours sur son sol, occasionnant  d’importants  dégâts matériels et humains, liés notamment aux éboulements et aux débordements des rivières dans plusieurs quartiers de la commune de Bulengera. Cette situation s’explique par des facteurs géologiques climatiques et pédologiques, démontre le professeur ordinaire Sahani Walere, spécialiste en climato-risque de l’Université de Liège en Belgique et enseignant permanent en faculté de sciences agronomiques de l’Université Catholique du Graben (UCG) Butembo.

 À en croire le chercheur, sur le plan climatique, la ville de Butembo est circonscrite dans une région dont le climat est du type AFI, c’est-à-dire un climat tropical humide caractérisé par une isothermie. Pour ce type de climat, explique-t-il, il est censé pleuvoir toute l’année. Cependant, il a été constaté, à partir des données de la station de l’ITAV, une persistance des pluies.

« La persistance, c’est une succession de jours de pluie sur un même lieu ou dans une même région, et cela peut être beaucoup plus problématique que des pluies qui tomberaient de façon séquentielle. Quand il pleut de façon régulière sur une période de trois à sept jours, nous devons analyser ce qui caractérise notre type de sol. Lorsqu’il y a cette persistance, les pluies tombées au début ont le temps de mouiller, de percoler et de pénétrer en profondeur dans le sol. Mais celles qui tombent après trois ou quatre jours de persistance n’ont plus le temps de percoler, d’autant plus que les pores du sol sont déjà remplis d’eau ; dans ces cas, elles ruissellent. Les gens connaissent le problème du ruissellement, et cela aggrave le risque », a-t-il démontré.

Concernant la gestion des risques, le chercheur estime que les responsabilités sont partagées.

« Chacun doit apporter sa contribution pour essayer de diminuer, tant soit peu, le risque. Les acteurs politiques et les riverains doivent s’impliquer afin de réduire les risques et proposer des stratégies de mitigation compatibles avec les mœurs locales. »

Parmi ces solutions figurent notamment l’identification des zones habitables, la lutte contre le morcellement anarchique des terrains ainsi que la canalisation des eaux pluviales.

Elisha Kindy

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