Dialogue national : les conditions posées par le président Félix Tshisekedi ne font pas l’unanimité au sein de la classe politique
Les conditions posées par le président Félix Tshisekedi pour la tenue du dialogue de paix ne font pas l’unanimité au sein de la classe politique congolaise. Si certains voient une volonté manifeste du président Tshisekedi de faire la paix avec de vrais citoyens congolais, d’autres y voient plutôt une manœuvre politique taillée sur les desiderata du régime en place.
Les principales conditions brandies par le chef de l’État congolais sont, entre autres : le respect de la légitimité des institutions en place, la reconnaissance de sa légitimité en tant que garant des institutions du pays, enfin la tenue du dialogue en RDC, organisé par des institutions légitimes du pays, dans le respect de la conformité constitutionnelle.
La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), parmi les porteurs de ce projet, n’a pas attendu longtemps pour donner son point de vue. Pour Mgr Donatien Nshole, secrétaire général de la CENCO cité par RFI, la position du président Tshisekedi doit évoluer. Il précise qu’il n’y a rien à dramatiser. Le prélat rappelle que dans tout processus de dialogue, il y a toujours des postures de départ. « Le plus important, c’est que cette ouverture s’accompagne d’une réelle volonté politique », propose-t-il.
Dans un entretien avec La Voix de l’UCG, Lwanzo Kasonia, cadre de l’UDPS, parti au pouvoir, estime qu’un vrai patriote congolais, conscient de la cherté de la souveraineté de la RDC, ne peut passer outre ce qu’il qualifie de garde-fous posés par le chef de l’État.
« Le président a été clair. Il veut tout simplement un dialogue purement congolais et républicain. Rien n’est aussi patriotique que cela », précise-t-il.
La fédération Nord-Kivu II du parti Ensemble pour la République, plateforme politique de l’opposant Moïse Katumbi, réaffirme la position de sa hiérarchie : celle de ne pas participer à ce qu’elle qualifie de simulacre de dialogue taillé sur mesure. Akayesu Baba en est le coordonnateur provincial.
« Il rêve d’un dialogue selon son format, mais chez Ensemble pour la République, la décision est claire. Il se contredit matin, midi et soir, et nous ne savons pas encore ce qu’il va en dire d’ici demain », fait-il savoir sur un ton haussé.
Dans l’entourage de l’ancien président de la République, Joseph Kabila, le mot “dialogue” de Félix Tshisekedi est jugé vide de sens. Il ferait mieux de parler d’un monologue, récapitule Me Kambere Kalumbi Ferdinand, cadre de la coalition FCC.
Elisha Kindy
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