Societé

Butembo : nouvelle vague de déplacés à provenance de Mwenye, le besoin à l’aide augmente

Une nouvelle vague de déplacés de guerre arrive actuellement en ville de Butembo, au Nord-Kivu. Ils proviennent essentiellement du groupement Mwenye, chefferie des Baswagha, dans le territoire de Lubero, fuyant les massacres persistants des terroristes ADF. Si la société civile des Baswagha parle d’une accalmie précaire à Mwenye, l’Intégration sociale pour la promotion des nécessiteux (ISPRON-Butembo) rappelle l’urgence d’une assistance en faveur de ces personnes.

Dans le groupement Mwenye, la situation reste confuse malgré une légère accalmie qui revient progressivement. Jusqu’à présent, 11 écoles primaires ne fonctionnent plus, aux côtés de 6 instituts secondaires. Aussi, 5 centres de santé ont fermé leurs portes suite aux attaques récurrentes des ADF. Kambale Maboko, président de la société civile de la chefferie, se désole du déplacement massif des habitants de ce coin du territoire de Lubero.

« La situation est un peu calme. L’heure est au comptage des dégâts causés par l’activisme de l’ADF. D’une façon générale, nous avons onze écoles primaires qui ont déjà fermé leurs portes. Nous avons six instituts secondaires qui ont déjà aussi fermé leurs portes. Il y a aussi les centres de santé ; nous sommes à cinq. Il y a le centre de santé Mahusa, le centre de santé Pombi, Manderia, Musenge, et cela s’ajoute aussi au centre de santé de référence de Masoya, avec tant d’églises qui ont déjà fermé leurs portes. La population continue à se déplacer parce que l’ADF continue à circuler dans certains coins ».

En ville de Butembo, l’organisation non gouvernementale ISPRON se dit préoccupée par l’état de vulnérabilité dans lequel arrivent de nombreux habitants qui fuient ces attaques. Masika Marie-Jeanne, sa secrétaire exécutive, rapporte que ces déplacés arrivent à Butembo démunis de tout. Une situation qui expose particulièrement les enfants, les femmes et les personnes âgées à de graves risques sanitaires.

« Les déplacés nous sont encore arrivés massivement ; ils sont venus de l’axe Mwenye et d’autres villages qu’on n’énumère pas. Ils sont venus dépourvus de tout, nombreux sont arrivés malades et traumatisés. Quand ils arrivent, nous les envoyons auprès des chefs de quartier pour l’enregistrement. Vraiment, il faut que le gouvernement nous vienne en aide, surtout en médicaments ».

Les déplacés arrivés en ville sont orientés vers les chefs des quartiers d’accueil afin de faciliter leur prise en charge. Les nouveaux venus indiquent que d’autres groupes de déplacés sont encore en route.

Julienne Muhima

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