Butembo : la justice sans preuve, un frein à la condamnation des criminels

Il n’y a que des preuves qui font fonctionner la justice. Ceci est un rappel de Maître Moïse Ndekeyonge, défenseur judiciaire œuvrant en ville de Butembo. Il l’a dit en réaction aux critiques fréquentes contre les cours et tribunaux qui relâchent certains présumés criminels et voleurs quelques jours après leur arrestation.
Des voix s’élèvent régulièrement au sein de la communauté pour dénoncer la libération rapide de certains présumés criminels, parfois arrêtés en flagrant délit. Ce relâchement est souvent perçu par la population comme une complicité ou un laxisme des services de sécurité et de justice.
Interrogé ce mardi 4 octobre, Maître Moïse Ndekeyonge souligne que la présomption d’innocence reste un principe fondamental du droit. Cela signifie que tout suspect est considéré comme innocent jusqu’à preuve du contraire. Face à ces préoccupations, ce défenseur judiciaire explique que la libération de certains présumés voleurs ou criminels s’explique essentiellement par le manque de preuves ou de plaignants.
« Il est possible qu’un bandit soit arrêté par les services de sécurité ou par des civils, mais que, faute de charges suffisantes ou de témoins disposés à témoigner, le magistrat instructeur n’ait d’autre choix que de le libérer. En matière juridique, la preuve est le moteur de toute action. Sans preuve, il est difficile de condamner un criminel, aussi dangereux soit-il. La présomption d’innocence reste un principe fondamental du droit. Cela signifie que tout suspect est considéré comme innocent jusqu’à preuve du contraire. Certaines victimes ou témoins refusent de charger les criminels, souvent en disant : “J’ai déjà la vie sauve, je me réserve.” Une attitude qui empêche la justice de faire son travail jusqu’au bout. Si l’infraction est constatée en flagrance devant un Officier de Police Judiciaire (OPJ) ou un magistrat, celui-ci peut engager des poursuites de sa propre initiative, car il détient déjà les preuves nécessaires. »
Ainsi, Me Moïse Ndekeyonge appelle la population à collaborer activement avec les services de sécurité pour fournir des informations précises et fiables, afin de faciliter les enquêtes et de renforcer les dossiers judiciaires contre les présumés auteurs de crimes.
Julienne Muhima
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